Infrastructures

Péages routiers : Un manque à gagner annuel de 24 milliards de FCFA paralyse la réhabilitation des routes

Le Fonds Routier du Cameroun et l’Institut national de la statistique (INS) ont dévoilé le 04 septembre 2026 à Yaoundé, les résultats d’une étude conjointe consacrée à la performance du système de collecte et de reversement de deux sources majeures de financement de l'entretien routier. De la Taxe spéciale sur les produits pétroliers (TSPP) au produit des amendes relatives au dépassement de la charge au pesage routier, l'enquête révèle une série de faiblesses structurelles des circuits de collecte.

Présenté lors d’un atelier présidé par le ministre délégué auprès du ministre des Finances, Yaouba Abdoulaye, l’étude du Fonds Routier s’inscrit dans la continuité des réformes institutionnelles récentes, notamment le décret n° 2025/293 du 10 juillet 2025 portant réorganisation du Fonds Routier, qui vise à renforcer l’efficacité des mécanismes de financement des infrastructures. Dans un contexte où le transport routier constitue le pilier principal des échanges de biens et de services, l’étude du Fonds Routier dresse un état des lieux lucide des circuits de financement d’un réseau routier national critique, mais fortement sollicité.

Alors que les données officielles révèlent que le réseau routier du Cameroun s’étend sur environ 122 000 kilomètres, mais seulement 8,7 % sont bitumés. L’un des enseignements phares de l’étude menée porte sur la police du poids lourd et la répression des surcharges entre 2021 et 2025. Chiffres à l’appui, 8,39 millions de camions ont été pesés durant cette période ; 546 986 camions ont été pris en infraction pour surcharge (soit environ 6,5 % du trafic contrôlé) ; 12,7 milliards de FCFA d’amendes ont été émises au total sur les cinq années et 12,6 milliards de FCFA ont été effectivement versés au Trésor public.

Derrière la symbolique des chiffres, le défi de fluidité et de traçabi    lité des flux financiers persiste. En effet, malgré des performances partielles encourageantes sur certains compartiments, l’étude met en lumière une radiographie peu flatteuse où une partie substantielle des ressources destinées à l’entretien des routes échappe au circuit normal ou souffre de lenteurs dans les reversements.

Parmi les facteurs explicatifs pointés par les experts figurent : la déperdition et les circuits parallèles, les flux financiers prenant des chemins de traverse entre la perception initiale et la mise à disposition effective dans les guichets du Fonds Routier.

De plus, l’on note le besoin d’interopérabilité notamment la nécessité de connecter numériquement les plateformes de contrôle (comme le futur Système de Gestion Intégrée du Trafic Routier – SGITR, dont l’action pilote est déployée sur la Nationale N°4 Yaoundé-Bafoussam) avec les administrations financières et les ministères sectoriels.

Enfin, la question du suivi en temps réel se pose. Ici, l’urgence de moderniser les postes de péage et de pesage à travers des Centres de Monitoring du Trafic routier devient une nécessité pour limiter les interventions manuelles et les zones d’ombre comptables.

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