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Performances bancaires : Ecobank Cameroun accélère sur le crédit et engrange déjà plus de 22 milliards de bénéfice

La filiale camerounaise d’Ecobank Transnational Incorporated (ETI) affiche une performance financière soutenue au terme des huit premiers mois de 2026. Avec un résultat provisoire de 22,49 milliards de FCFA au 31 août, l’établissement a déjà généré plus de quatre cinquièmes du bénéfice réalisé sur l’ensemble de l’exercice 2025. Cette dynamique s’accompagne d’une progression sensible des financements accordés à la clientèle, alors que les dépôts évoluent plus lentement.

Ecobank Cameroun continue de bénéficier de la dynamique enclenchée en 2025. À fin août 2026, la banque affiche un bénéfice provisoire de 22,494 milliards de FCFA. En seulement huit mois, ce montant représente 82,4 % du résultat net de 27,292 milliards de FCFA enregistré en 2025. L’exercice précédent avait déjà constitué une année de référence pour la filiale camerounaise. Son bénéfice avait atteint un sommet depuis le lancement de ses activités dans le pays en 2001, progressant de 30 % par rapport aux 21,05 milliards de FCFA réalisés en 2024. Le produit net bancaire s’était établi à 55,11 milliards de FCFA, tandis que le résultat avant impôt atteignait 28,928 milliards. La performance enregistrée en août traduit surtout la capacité de la banque à maintenir un niveau élevé de génération de revenus dans un environnement bancaire où la mobilisation des ressources et le financement de l’économie restent des enjeux centraux. Ils invitent toutefois à la prudence : les chiffres d’août sont provisoires et ne permettent pas encore de conclure sur le résultat qui sera effectivement arrêté au 31 décembre.

Le crédit progresse nettement plus vite que les dépôts

L’un des principaux enseignements de la situation mensuelle concerne l’évolution de l’activité de crédit. Les concours à la clientèle atteignent 250,662 milliards de FCFA à fin août, contre 234,3 milliards à la clôture de 2025. En huit mois, l’encours a donc augmenté de 16,36 milliards, soit près de 7 %. Cette évolution intervient après une année 2025 particulièrement dynamique, marquée par une hausse de 51 % du portefeuille de crédits. La banque semble ainsi poursuivre l’élargissement de son exposition au financement de la clientèle, mais à un rythme moins spectaculaire que l’année précédente. La structure de l’encours montre par ailleurs une forte concentration sur les maturités longues. Les crédits à long terme représentent 180,701 milliards de FCFA, contre 37,1 milliards pour le moyen terme et 32,861 milliards pour le court terme.

En face, les dépôts n’ont augmenté que de 1,2 %, passant de 465,86 milliards à 471,229 milliards de FCFA. Les comptes à vue dominent largement avec 342,974 milliards, suivis des comptes d’épargne à hauteur de 110,280 milliards et des dépôts à terme pour 17,975 milliards. Cette divergence de rythme mérite l’attention des analystes. Le rapport entre crédits et dépôts passe ainsi d’environ 50,3 % à fin 2025 à 53,2 % huit mois plus tard. Ce ratio constitue un indicateur de l’intensité de transformation des ressources en financements, mais ne doit pas être assimilé aux ratios réglementaires de liquidité ou de solvabilité.

Plus de 271 milliards de FCFA investis en titres

La croissance du crédit ne constitue toutefois qu’une composante du bilan de la banque. Celui-ci atteint 622,710 milliards de FCFA au 31 août 2026, contre 616,99 milliards à fin décembre 2025, soit une progression proche de 0,9 %. À l’actif, les titres de placement, valeurs reçues en pension ou achetées ferme représentent 271,423 milliards de FCFA. Ce poste dépasse donc l’encours des crédits à la clientèle. Les opérations interbancaires et de trésorerie à vue atteignent parallèlement 76,447 milliards de FCFA. Cette configuration illustre la coexistence de deux fonctions dans le bilan bancaire : financer directement les agents économiques et placer une partie des ressources dans des actifs financiers. La situation mensuelle ne permettant pas d’identifier précisément la composition des titres, il serait toutefois prématuré d’en déduire la part consacrée aux valeurs du Trésor.

Un capital social porté à 25 milliards

La structure financière d’Ecobank Cameroun connaît également une évolution importante. Le capital social est désormais établi à 25 milliards de FCFA, contre 10 milliards auparavant, après une augmentation de 15 milliards approuvée par les actionnaires. Cette opération s’inscrit dans le mouvement de renforcement des fonds propres imposé par le relèvement des exigences de capital minimum au sein de la Cemac. Elle intervient alors que la banque poursuit simultanément l’expansion de son portefeuille de crédits et le développement de son activité. La question de la capacité à transformer cette assise renforcée en croissance durable du bilan et en financement accru de l’économie sera donc l’un des points à suivre au cours des prochains exercices.

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