Raffinerie de Kribi : Un financement clé débloqué pour accélérer le projet CSTAR
La Société nationale des hydrocarbures sécurise 120 milliards de FCFA grâce à un montage bancaire conduit par BGFI Bank Cameroun. Une étape déterminante pour ce projet industriel stratégique, encore en quête de financements complémentaires.

Le projet de raffinerie de Kribi franchit un cap important avec la mobilisation effective de 120 milliards de FCFA destinés à couvrir la participation de la Société nationale des hydrocarbures (SNH). L’accord de financement, signé à Yaoundé le 5 mai 2026 avec BGFI Bank Cameroun et la société de projet CSTAR, marque l’entrée dans une phase concrète de décaissement. Structurée par BGFI Bank Cameroun, l’opération a fédéré plusieurs établissements financiers nationaux, traduisant un engagement collectif autour de ce projet jugé stratégique. Cette enveloppe représente environ un tiers du coût global estimé à 372 milliards de FCFA.
Malgré cette avancée, le financement global n’est pas encore bouclé. Les autres partenaires du projet, notamment Ariana Energy et Tradex, sont attendus pour compléter la structure financière. Cette étape sera déterminante pour garantir la continuité du chantier et respecter les échéances annoncées. En parallèle, les premières activités sur le terrain ont déjà démarré. Les travaux préparatoires incluent l’aménagement du site, la création d’accès et l’installation des infrastructures de base nécessaires au démarrage du chantier principal.
Le projet CSTAR prévoit une raffinerie modulaire dont la production initiale devrait atteindre 10 000 barils par jour dès la première phase d’exploitation, avant une montée progressive à 30 000 barils/jour à l’horizon 2027-2028. À terme, la production annuelle est estimée à 1,8 million de tonnes de produits pétroliers. Le complexe intégrera également un dépôt de stockage d’une capacité pouvant atteindre 300 000 m³. Cette infrastructure, financée directement par la SNH sur fonds propres, constitue un levier logistique majeur pour la distribution des produits raffinés.
Au-delà de son envergure industrielle, la raffinerie de Kribi s’inscrit dans une logique de souveraineté énergétique. Les projections indiquent une réduction significative des importations de produits pétroliers, estimée à plusieurs centaines de milliards de FCFA par an. Les retombées attendues incluent également des économies substantielles en devises et des opportunités d’exportation, notamment dans le segment du carburant marin. À l’échelle sous-régionale, le projet pourrait contribuer à améliorer l’équilibre des comptes extérieurs.
Ce projet intervient dans un contexte marqué par la volonté des autorités camerounaises de renforcer les capacités locales de transformation des hydrocarbures. Il symbolise une tentative de repositionnement stratégique du pays dans la chaîne de valeur pétrolière, en misant sur l’industrialisation et la réduction de la dépendance extérieure. Si les défis financiers restent à relever, la mobilisation actuelle constitue un signal fort envoyé aux investisseurs et partenaires techniques. La raffinerie de Kribi pourrait ainsi devenir, à terme, l’un des piliers de la politique énergétique nationale.



