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Yvon Sana Bangui : La masterclass qui éclaire sur la conjoncture économique de la Cemac

Intervenant le 30 avril dernier, lors de la 4ème édition de la Finance Week 2026, Le Gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale a, au cours de sa masterclass, livré un tableau complet de la conjoncture économique de la sous-région. Une lecture qui intervient dans un contexte marqué par la recrudescence des discours alarmistes liés à la supposée dévaluation du FCFA.

Depuis près de deux ans déjà, des rumeurs n’ont cessé d’enfler sur une probable dévaluation du FCFA. Bien que le 16 janvier 2026, le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, ait fermement démenti toute dévaluation, qualifiant les rumeurs de spéculations. Néanmoins, lors du sommet extraordinaire de Brazzaville au Congo, les Chefs d’États de la Cemac vont, le 22 janvier 2026, adopter un « plan de résilience » pour stabiliser les économies sous-régionales et préserver la parité actuelle du FCFA, face à une baisse des réserves de change.

Le FCFA, une dévaluation jugée spéculative et non fondée

Suite à son intervention sur le thème « Comprendre la Conjoncture économique en zone Cemac : les défis et les perspectives ». Yvon Sana Bangui, a en entame de sa présentation, battu en brèche l’éventualité d’une dévaluation du Fcfa. « Il n’y aura pas de dévaluation du Fcfa (…) Non ! La dévaluation n’a pas été à l’ordre du jour en 2024 ni en 2025, elle ne le sera pas non plus en 2026 », a-t-il déclaré.

Tout en affirmant que les alertes souvent relayées relèvent des lectures « partielles » ou « approximatives » de la situation économique. « Nous avons fait de la transparence une règle absolue », a-t-il indiqué, rappelant que les indicateurs publiés par la banque centrale – croissance, réserves de change ou niveau d’endettement – sont « rigoureusement collectés, vérifiés et audités », conformément aux standards internationaux. Sur la base de la solidité des fondamentaux macroéconomiques de la communauté, associé aux données disponibles, « Le franc CFA n’est pas menacé. Les rumeurs de dévaluation sont totalement infondées », soutient mordicus le gouverneur.

Un endettement soutenu malgré un solde extérieur déficitaire

Sous l’effet des tensions géopolitiques, l’économie mondiale est frappée de plein fouet.  Sa croissance s’est davantage affaibli et affiche un taux de 3,1% tandis que l’inflation pointe à 4,4% pour un commerce mondial ralenti à 2,8%. Alors que les projections macroéconomiques révèlent une nette amélioration de l’économie mondiale en 2027. Notamment un recul à 3,7 % de l’inflation pour une remontée à 3,8 % du commerce mondial.  Au plan interne, et malgré certaines fragilités, la Cemac affiche une stabilité modérée. Sur la foi des indicateurs macroéconomiques présentés par Yvon Sana Bangui, l’on note un ralentissement à 2,9% de la croissance contre 3,5%, un an plutôt. Tandis que l’endettement public reste contenu autour de 49,8% du Produit intérieur brut (PIB) contre 50% en 2025, en deçà du seuil communautaire fixé à 70% du Produit intérieur brut. Le déficit du compte courant se dégrade à -5, 2% du PIB en 2026, tiré par la hausse des importations dans la sous-région et la détérioration des termes de l’échange.

Près de 30 000 milliards FCFA de total bilan pour un secteur bancaire qui s’étend

 Avec un système bancaire porté par 54 banques actives, la Cemac présente un secteur à la fois stable et en pleine expansion. Ici, les voyants sont quasiment au vert pour 41 établissements de crédit qui affichent une gouvernance saine (21) et une solidité financière (20). Plus de la dizaine étant classée dans la catégorie d’établissements globalement fragiles. À fin 2025 par exemple, le secteur bancaire sous-régional a enregistré une hausse de +11,7% sur son total bilan, portant ainsi le montant à 27 513 milliards FCFA. Soutenu par le rapatriement des recettes pétrolières, l’encours des dépôts a bondi de +5,9% pour se hisser à 19 065 milliards FCFA. L’encours de crédit a lui atteint 13 998 milliards FCFA, +10,9% en glissement annuel ; le secteur public captant 76% du financement.

Des perspectives concrètes pour soutenir une croissance durable

Face aux participants, Yvon Sana Bangui a identifié des défis majeurs, à la fois conjoncturels et structurels. Ceux-ci intègrent entre autres : la consolidation budgétaire, la poursuite des réformes économiques et l’amélioration du respect des critères de convergence. Les opérateurs économiques ayant été appelés à investir de plus en plus dans les secteurs porteurs, sans ignorer les obligations de rapatriement des recettes d’exportation. Devant autant de défis, le gouverneur a mis en vitrine une serie de perspectives. Le principal intéressé a réaffirmé l’engagement de la banque centrale à maintenir une politique monétaire adaptée. Objectif : Préserver la stabilité financière de la sous-région. Un cap déterminant pour renforcer la crédibilité de la Cemac et soutenir une croissance durable, sans recourir à l’option de la dévaluation.

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