Finances publiques : L’État mise 660,4 milliards FCFA pour solder les grands chantiers en 2026
Malgré un environnement économique et sécuritaire sous tension, le gouvernement prévoit d’affecter plus du tiers du Budget d’investissement public à l’achèvement des projets structurants et au lancement de nouveaux programmes annoncés par le chef de l’État. Routes, énergie, eau, logement et transport figurent au menu.

Dans les documents annexés au projet de loi de finances 2026, le ministère des Finances détaille une dotation globale de 660,4 milliards de FCFA destinée aux grands projets d’investissement. Cette enveloppe représente un peu plus d’un tiers du Budget d’investissement public. L’objectif est double : finaliser plusieurs infrastructures dites de « première génération » et enclencher certains projets promis lors des messages présidentiels à la Nation de 2022 à 2024.
Cette programmation intervient dans un contexte marqué par les crises sécuritaires dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ainsi que par les effets économiques des conflits internationaux, qui pèsent sur les recettes publiques.
Énergie et eau : priorité aux réseaux et à la production
Le ministère de l’Eau et de l’Énergie concentre une part importante des crédits. Le barrage de Memve’ele bénéficie d’une allocation annuelle d’environ 2,7 milliards de FCFA pour apurer progressivement ses arriérés. À Lom Pangar, l’usine de pied et les lignes d’évacuation recevront près de 5,5 milliards de FCFA. D’autres projets visent la consolidation du transport électrique : interconnexion Cameroun-Tchad, ligne 400 kV Nachtigal–Bafoussam, renforcement des réseaux de Yaoundé et Douala, ainsi que plusieurs liaisons régionales. Sur le volet eau potable, les financements sont orientés vers la sécurisation de l’approvisionnement urbain, avec des programmes dédiés à Douala, Yaoundé et neuf autres villes, sans oublier le mégaprojet d’adduction d’eau pour la capitale économique.
Routes et autoroutes : accélération des travaux
Au ministère des Travaux publics, la phase I de l’autoroute Yaoundé–Douala reçoit une dotation de 5 milliards de FCFA pour des travaux complémentaires et de raccordement. D’autres axes structurants sont concernés, notamment la route Bachenga–Ntui–Tibati, la réhabilitation Babadjou–Bamenda et plusieurs corridors régionaux reliant le Sud, l’Extrême-Nord et l’Est du pays. L’État prévoit également de poursuivre l’extension du réseau autoroutier avec la phase II de Yaoundé–Douala et des aménagements autour de Douala et Kribi.
Habitat et mobilité urbaine au cœur des villes
Le ministère de l’Habitat et du Développement urbain inscrit sur sa feuille de route la section urbaine de l’autoroute Yaoundé–Nsimalen, pour laquelle environ 16 milliards de FCFA sont programmés. S’y ajoutent la voie de contournement de Yaoundé et plusieurs projets de logements sociaux à Olembe, Mbanga Bakoko et dans la capitale politique. À Douala, la mobilité urbaine demeure un axe prioritaire afin de fluidifier les déplacements et d’accompagner la croissance démographique.
Transports et ports : renforcer les corridors
Dans le secteur des transports, la phase II du port en eau profonde de Kribi se voit attribuer plus de 3 milliards de FCFA. Des projets ferroviaires, comme la modernisation de la ligne Bélabo–Ngaoundéré, et la réhabilitation de plusieurs aéroports régionaux complètent le dispositif. Ces investissements visent à améliorer la compétitivité logistique du pays et à soutenir les échanges avec les États voisins.
Une programmation sous contrainte
Si l’ambition est affichée, la réussite dépendra de la capacité de l’administration à exécuter les crédits dans les délais. Le gouvernement entend démontrer que, malgré les chocs externes et internes, les infrastructures restent un levier central de croissance et de cohésion territoriale. Avec ces 660,4 milliards de FCFA, l’année 2026 s’annonce comme une étape charnière pour transformer des chantiers longtemps retardés en équipements réellement opérationnels.



