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Afrique de l’Ouest : La BIDC dévoile sa feuille de route 2026-2030 pour changer d’échelle

Réunis à Accra pour la 24e Assemblée générale annuelle, les gouverneurs de la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO ont validé une nouvelle stratégie quinquennale baptisée GRO 2026-2030. Ambition affichée : intensifier le financement des projets structurants, soutenir la résilience économique et climatique, et donner davantage de place au secteur privé dans la transformation de l’Afrique de l’Ouest.

La Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) ouvre un nouveau chapitre de son action régionale. À l’issue de sa 24e Assemblée générale annuelle, organisée le 8 avril 2026 à Accra, l’institution sous-régionale a acté une montée en puissance de ses interventions sur les cinq prochaines années. Au cœur des décisions prises par le Conseil des gouverneurs, l’adoption du plan stratégique GRO 2026-2030, pour Croissance, Résilience et Optimisation. Cette nouvelle boussole doit permettre à la banque basée à Lomé de renforcer son rôle de moteur financier dans un espace ouest-africain confronté à des défis multiples : déficit d’infrastructures, pression climatique, besoins énergétiques croissants et impératif de modernisation économique.

Le nouveau programme quinquennal cible en priorité les infrastructures, l’agriculture, l’énergie et la transformation numérique. L’objectif est clair : accélérer le financement de projets capables de soutenir l’intégration économique régionale tout en améliorant la compétitivité des États membres. La banque entend également mettre un accent particulier sur la résilience climatique, devenue un enjeu central pour les économies de la sous-région, fortement exposées aux chocs environnementaux. Le secteur privé figure aussi parmi les piliers de cette stratégie, avec la volonté d’accroître sa participation dans les grands programmes de développement.

La rencontre a réuni les ministres des Finances et, selon les pays, les responsables en charge de la Planification et du Développement des quinze États membres de la CEDEAO. Fait notable, les représentants du Burkina Faso et du Niger, membres de l’Alliance des États du Sahel, ont également pris part aux travaux, illustrant la volonté de maintenir un dialogue autour des enjeux de développement régional. Au nom du président ghanéen John Dramani Mahama, l’ouverture des travaux a été assurée par Seth Terkper, ancien ministre des Finances et conseiller présidentiel. Celui-ci a réaffirmé le soutien d’Accra au rôle de la BIDC dans la consolidation d’une croissance durable et plus résistante aux crises.

Le président de la banque, Dr George Agyekum Donkor, a profité de l’assemblée pour mettre en avant les performances financières et opérationnelles enregistrées en 2025. Selon lui, ces résultats confortent la capacité de l’institution à tenir ses engagements d’investissement et à porter les ambitions du nouveau cycle stratégique. Dans le même temps, les gouverneurs ont désigné à l’unanimité Ismaël Nabé, ministre guinéen de la Planification, de la Coopération internationale et du Développement, à la présidence du Conseil des gouverneurs. Avec cette nouvelle gouvernance et une stratégie plus offensive, la BIDC veut désormais franchir un cap : devenir l’un des principaux leviers de financement du développement en Afrique de l’Ouest, au moment où la région cherche à accélérer son industrialisation et sa souveraineté économique.

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