Industries extractives : BGFIBank avance ses pions dans la finance minière
En multipliant les présences institutionnelles et les partenariats sectoriels, le groupe bancaire gabonais affirme sa volonté de devenir un acteur clé du financement des projets miniers en Afrique. Une stratégie illustrée par sa participation au dernier Mining Indaba et par l’activisme de ses filiales en Afrique de l’Ouest et centrale.

Au Cap, lors du rendez-vous continental de l’industrie extractive, Mining Indaba, BGFIBank a choisi de se montrer et de se positionner. Présent dans une dizaine de pays, le groupe entend structurer une offre bancaire dédiée aux chaînes de valeur minières. L’objectif est clair : accompagner aussi bien les compagnies que leurs sous-traitants, dans un secteur historiquement dominé par des financements venus d’Europe, d’Amérique du Nord ou d’Asie.
La stratégie passe par des ancrages locaux. En Côte d’Ivoire, l’adhésion de la filiale du groupe au Groupement Professionnel des Miniers de Côte d’Ivoire vise à faciliter l’accès au crédit pour les opérateurs du secteur. En République démocratique du Congo, la banque multiplie les apparitions à la DRC Mining Week et met en avant des équipes spécialisées dans l’analyse des projets extractifs. Cette présence de terrain s’est matérialisée au Cap par la participation conjointe des directions générales des filiales ivoirienne et congolaise, accompagnées de responsables métiers chargés de la clientèle entreprises. Le message porté est celui de la coopération entre banques et acteurs industriels pour sécuriser les investissements.
BGFIBank n’est pas seule à vouloir s’installer durablement dans la finance minière. Des groupes tels que Ecobank, Coris Bank ou AFG Bank élargissent eux aussi leurs portefeuilles de crédits vers les mines et leurs fournisseurs. Au Mali, AFG Bank a récemment lancé une importante ligne de financement pour les entreprises de sous-traitance. Au Cameroun, elle est sollicitée pour participer à la mobilisation de fonds liés au projet de la future mine de bauxite de Minim Martap.
La montée en puissance des banques africaines dans ce secteur reste toutefois sous observation. La pérennité des lignes de crédit, la capacité à accompagner des projets lourds en capitaux et la gestion des risques environnementaux et sociaux constituent autant d’épreuves à franchir. Face aux grands groupes financiers internationaux, les établissements du continent devront démontrer qu’ils peuvent jouer dans la durée et à grande échelle.



