Finance climatique : La BDEAC mise sur trois projets verts stratégiques au Cameroun
La Banque de développement des États de l’Afrique centrale prévoit de mobiliser près de 54 milliards de FCFA pour soutenir trois initiatives environnementales au Cameroun. Inscrits dans le portefeuille prioritaire du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo, ces projets portent sur la restauration des mangroves, la valorisation de la jacinthe d’eau invasive et la lutte contre l’érosion côtière. L’objectif est de concilier protection des écosystèmes, création d’emplois et rentabilité économique afin d’attirer davantage de financements internationaux.

Le Cameroun figure parmi les pays retenus dans le premier programme prioritaire du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo (F2BC), une initiative régionale portée par la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC). Au total, trois projets devraient bénéficier d’un financement estimé à près de 53,75 milliards de FCFA.
Le plus important concerne la restauration des mangroves. Évalué à plus de 33 milliards de FCFA, ce programme ambitionne de réhabiliter environ 5 000 hectares de ces écosystèmes côtiers considérés comme essentiels pour la protection des littoraux et l’absorption du carbone. Les promoteurs du projet misent également sur le développement d’activités économiques locales autour des mangroves, avec à la clé plusieurs centaines d’emplois verts. Selon les projections, ce programme pourrait permettre de séquestrer plus de 2,5 millions de tonnes équivalent CO₂, renforçant ainsi la contribution du Cameroun aux objectifs de lutte contre le changement climatique.
Le deuxième projet soutenu par la BDEAC vise la valorisation de la jacinthe d’eau invasive. Cette plante, qui prolifère dans plusieurs cours et plans d’eau du pays, perturbe les activités de pêche, le transport fluvial et les équilibres écologiques. À travers une approche d’économie circulaire, le projet entend organiser la collecte et la transformation de cette plante afin d’en faire une source de revenus. Dotée d’un financement estimé à plus de 10 milliards de FCFA, l’initiative prévoit la récupération de milliers de tonnes de jacinthe d’eau et la restauration de plus de 500 hectares de surfaces aquatiques. Les responsables du programme tablent également sur la création de plus de 500 emplois directs ainsi que sur des revenus importants issus des activités de transformation et de valorisation.
Le troisième volet concerne la lutte contre l’érosion côtière et fluviale, un phénomène qui fragilise plusieurs zones habitées et infrastructures au Cameroun. Le projet, dont le coût est estimé à près de 10 milliards de FCFA, prévoit notamment la stabilisation de 25 kilomètres de littoral et la protection de vastes superficies exposées à l’avancée des eaux. Les objectifs affichés incluent également la réduction des pertes économiques liées à l’érosion et la création de centaines d’emplois verts dans les zones concernées.
Ces initiatives s’inscrivent dans un programme régional plus vaste porté par la BDEAC. L’institution financière prévoit de réunir à Brazzaville plusieurs partenaires techniques et bailleurs internationaux afin de mobiliser plus de 5 milliards de dollars destinés à financer 63 projets climatiques répartis dans 17 pays africains.
À travers cette stratégie, la banque régionale veut promouvoir une nouvelle approche du financement environnemental, fondée sur des projets capables de générer des retombées économiques mesurables. Les secteurs ciblés concernent notamment la préservation des forêts, le développement des énergies renouvelables et l’agroforesterie. Pour convaincre les investisseurs, la BDEAC affirme avoir engagé des réformes internes destinées à renforcer la gouvernance et la transparence dans la gestion des financements climatiques.



