Financement public : Yaoundé accélère ses levées sur le marché régional au premier trimestre
Entre février et mars 2026, le Trésor camerounais projette de mobiliser plus de 574 milliards de FCFA via une combinaison de bons, obligations, titrisation et syndication. Une stratégie de concentration des émissions destinée à soutenir les besoins budgétaires du début d’année sur le marché de la CEMAC.

Le Cameroun a revu son programme d’émissions du premier trimestre 2026 en misant sur une montée en puissance rapide. Selon le calendrier révisé du ministère des Finances, l’essentiel des opérations est prévu sur les mois de février et mars, pour un volume cumulé de 574,031 milliards de FCFA. Le choix d’un rythme soutenu vise à profiter de la liquidité disponible sur le marché régional et à sécuriser des ressources dès l’entame de l’exercice budgétaire.
À lui seul, février concentre 349,031 milliards de FCFA. Le mois s’ouvre par des adjudications de bons du Trésor à court terme, notamment à 52 et 26 semaines, complétées par une opération de titrisation sur trois ans. Le point d’orgue reste une syndication de 250 milliards de FCFA, avec des maturités allant d’un à cinq ans. Cette opération, étalée sur des échéances comprises entre 2027 et 2032, marque la volonté d’allonger la durée moyenne de la dette tout en diversifiant les instruments. En fin de mois, le Trésor prévoit également une émission d’obligations du Trésor assimilables, renforçant la présence de titres à moyen terme dans le portefeuille de financement.
Le mois de mars affiche un volume prévisionnel de 225 milliards de FCFA. Les opérations combinent bons du Trésor à court terme et obligations à plus longue maturité, certaines allant jusqu’à dix ans. Plusieurs adjudications sont programmées tout au long du mois, avec des montants modulés pour lisser la pression sur le marché et maintenir l’appétit des investisseurs institutionnels. Une nouvelle titrisation sur trois ans est également inscrite, confirmant l’usage de ce mécanisme comme outil complémentaire de mobilisation de ressources.
Ces émissions s’effectuent dans le cadre du marché des valeurs du Trésor de la CEMAC, sous l’organisation et la régulation de la Banque des États de l’Afrique centrale. Ce dispositif vise à assurer la transparence des adjudications, la discipline budgétaire et l’attractivité des titres publics auprès des banques et des investisseurs régionaux.
À l’échelle annuelle, les projections indiquent une ambition de 1 165 milliards de FCFA à lever en 2026. En concentrant une part significative de ce volume dès le premier trimestre, Yaoundé cherche à anticiper ses besoins de trésorerie tout en s’inscrivant dans une logique de gestion active de la dette. Cette stratégie, si elle est bien absorbée par le marché, pourrait consolider la crédibilité du Cameroun comme émetteur majeur de la sous-région.



