Politique hydraulique : Yaoundé fixe le cap d’une décision commune avant Dakar 2028
Le 23ème congrès international de l’association africaine de l’Eau et de l’Assainissement a mis la clé sous le paillasson le 12 février 2026. Entre les recommandations et les appels divers, les acteurs politiques, institutionnels, privés, techniques… ont posé les jalons pour l’essor du secteur hydraulique africain d’ici 2030.

2000 participants, 500 délégués, 52 pays et 338 organisations présentes. Le congrès de Yaoundé a démontré le caractère sacré de l’eau et de l’assainissement pour tous en Afrique. Les travaux articulés autour de 60 sessions de 250 communications scientifiques et professionnelles sur 06 axes stratégiques, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur du secteur, ont permis de formuler des orientations stratégiques, claires et suffisantes pour l’avenir du secteur de l’eau et de l’assainissement africain.
Institutionnaliser la gestion intégrée et résiliente des ressources
Concrètement, il est question d’éclairer les priorités, de consolider les positions communes et d’orienter les décideurs vers des actions concrètes et des choix. À ce titre, les États et autorités compétentes sont invités à renforcer la protection des bassins de production, à améliorer la croissance et la connaissance des ressources hydriques grâce à des systèmes de modélisation performants et à des données fiables. Par ailleurs, il s’agit de promouvoir la communication sectorielle.
Miser sur une gouvernance inclusive
Dans un contexte de forte croissance démographique et d’urbanisation, le 23ème congrès est devenu un espace stratégique de convergence et d’engagement socio-politique. À cet effet, le forum des maires, des femmes et des jeunes a démontré l’urgence d’intégrer un leadership local affirmé et un capital humain responsable. Car, la transformation du secteur de l’eau et de l’assainissement ne repose pas uniquement sur la réalisation des infrastructures, mais sur des institutions solides. Et cette dynamique doit être élargie en prenant en compte les dimensions territoriales, sociales et le genre. En effet, la transformation du secteur hydraulique africain ne repose pas uniquement sur des infrastructures, mais sur les femmes et les hommes qui les conçoivent, les exploitent.
Mettre l’innovation technologique à profit
Transformer les engagements des uns et des autres passe par une meilleure appropriation de l’innovation technologique et de l’intelligence artificielle. À Yaoundé, les acteurs sont unanimes, l’mplication systématique de la data, de la recherche appliquée et des outils numériques avancés doivent permettre d’anticiper des crises, d’optimiser des opérations et de renforcer la qualité de la prise de décision. Car, le futur des services d’eau et d’assainissement sera numérique.
Globalement, la capitale camerounaise s’est en 4 jours, transformé en un laboratoire vivant d’innovation africaine et de décision commune. En mettant en lumière la capacité collective a produire des solutions adaptées et a attiré des partenaires. « Le secteur africain de l’eau et de l’assainissement franchit un seuil de maturité scientifique », a souligné Olivier Gosso, directeur exécutif de l’AAEA.
Une analyse qui se veut plus poussée car « l’effectivité de l’accès à l’eau potable nécessite des décisions courageuses … l’Afrique ne peut plus subir son destin hydrique : elle doit désormais le maîtriser, l’anticiper et le gouverner », souligne Dr Blaise Moussa, directeur général de la Cameroon Water Utilities (Camwater) et président en exercice de l’AAEA.



