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Infrastructures routières : Au Cameroun, 475 km de routes promis en 2026, sous l’ombre persistante des dettes de l’État

Dans une note adressée au Premier ministre, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, détaille ses ambitions pour l’année 2026. Objectif affiché : livrer près de 476 km de nouvelles routes. Mais derrière l’optimisme des chiffres, la fragilité de la trésorerie publique et les arriérés dus aux entreprises menacent l’exécution du programme.

La feuille de route transmise au chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, trace une ligne claire entre projets à achever et chantiers à accélérer. Parmi les priorités figurent plusieurs axes structurants reliant les grands pôles économiques et les régions enclavées. Les autorités misent notamment sur la finalisation de corridors du Nord et sur des routes stratégiques du Centre et du Littoral, ainsi que sur la remise à niveau de certains ouvrages d’art emblématiques, dont l’ancien pont sur le Wouri. À cela s’ajoute la livraison annoncée de six ponts métalliques modulaires destinés à renforcer la continuité du réseau.

Le ministère entend également donner un coup d’accélérateur à plusieurs tronçons jugés déterminants pour la mobilité des personnes et des marchandises. Des routes de desserte agricole aux pénétrantes urbaines, les projets concernés visent à désengorger les grands nœuds de circulation et à faciliter l’accès aux bassins de production. Les entrées nord de Yaoundé et les traversées urbaines de Douala figurent parmi les opérations emblématiques de cette phase d’accélération, aux côtés d’axes reliant l’Adamaoua à l’Extrême-Nord et l’Ouest au Littoral.

La partie la plus sensible du programme concerne les projets à lancer. Treize chantiers sont programmés pour 2026, dont la phase 2 de l’autoroute Douala–Yaoundé et la longue liaison Ebolowa–Kribi. Le ministère prévoit aussi la réhabilitation complète du tronçon Ngaoundéré–Garoua, ainsi que l’ouverture de nouvelles voies vers les zones frontalières du Logone et Chari. L’idée est de renforcer l’ossature nationale tout en préparant les connexions vers les ports et les pays voisins.

Au-delà des nouvelles routes, l’entretien reste un pilier du dispositif : plus de 850 km de routes bitumées et plus de 5 000 km de pistes en terre doivent bénéficier d’interventions, sans compter un programme d’« entretien confortatif » sur plusieurs centaines de kilomètres. Un choix stratégique pour éviter que les infrastructures existantes ne se transforment en gouffres budgétaires.

Derrière cette mécanique ambitieuse, un grain de sable persiste : la trésorerie. Le ministre reconnaît que les retards de paiement aux entreprises et aux missions de contrôle freinent l’exécution des travaux. Avec un budget annuel fixé à 740 milliards de FCFA, le défi n’est pas seulement de programmer, mais de payer. Sans apurement des dettes et sans amélioration des flux financiers, la promesse des 475 km pourrait rester un tracé sur papier plutôt qu’un ruban d’asphalte posé sur le terrain.

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