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Économie : Le FMI salue la trajectoire budgétaire du Cameroun, tout en appelant à plus d’audace

À l’issue de sa mission annuelle, le Fonds monétaire international dresse un bilan encourageant des équilibres macroéconomiques du Cameroun. L’institution note des progrès en matière de discipline budgétaire et de gestion de la dette, mais insiste sur l’urgence d’intensifier les réformes structurelles pour transformer la stabilité retrouvée en croissance durable.

Pendant deux semaines, la mission conduite par Christine Dieterich a passé au crible les politiques économiques camerounaises dans le cadre des consultations au titre de l’article IV. Verdict : le pays a mieux encaissé les chocs récents, qu’ils soient liés à la conjoncture internationale ou aux tensions internes. La croissance reste positive, même si elle devrait ralentir légèrement en 2025, tandis que l’inflation poursuit sa décélération. Ce tableau nuancé traduit une économie qui avance à pas mesurés, avec la prudence d’un funambule sur un fil de dettes et de contraintes extérieures.

Le principal motif de satisfaction concerne la conduite des finances publiques. Le FMI souligne les efforts pour accroître les recettes internes et mieux encadrer les dépenses. Cette stratégie vise à réduire la dépendance aux revenus pétroliers et à préserver la soutenabilité de la dette. L’institution recommande toutefois d’aller plus loin dans l’élargissement de l’assiette fiscale et dans la modernisation des administrations fiscale et douanière. En clair, le trésor public doit apprendre à compter davantage sur ses propres forces, plutôt que sur les vents parfois capricieux des marchés internationaux.

Sur le terrain de la dette, les progrès sont jugés réels, notamment en matière de transparence. Le FMI invite néanmoins à maintenir une stratégie d’endettement prudente et à éviter toute accumulation de nouveaux arriérés, un phénomène qui pèse sur la trésorerie des entreprises locales. La gouvernance reste un axe central des recommandations. La lutte contre la corruption et l’amélioration de la gestion des finances publiques sont présentées comme des clés pour restaurer la confiance des investisseurs et renforcer la crédibilité des politiques économiques.

Au-delà des équilibres comptables, l’institution plaide pour une accélération des transformations structurelles. L’amélioration du climat des affaires, la diversification de l’économie et la stimulation de l’investissement privé figurent parmi les priorités. Le secteur financier, en particulier, est appelé à jouer un rôle plus inclusif. Renforcer la stabilité bancaire et faciliter l’accès au crédit pour les PME sont perçus comme des leviers essentiels pour élargir la base de la croissance et créer davantage d’emplois.

Si le ton du communiqué est globalement positif, il reste conditionné à la poursuite des réformes. Les risques externes, les tensions sécuritaires et les aléas climatiques constituent autant de nuages susceptibles d’assombrir l’horizon. Le FMI insiste également sur la dimension sociale : l’assainissement budgétaire ne doit pas se traduire par un recul des dépenses en faveur des populations vulnérables. Le renforcement des filets de protection sociale est présenté comme une nécessité pour accompagner les ajustements économiques.

En somme, l’institution internationale valide la trajectoire engagée par les autorités camerounaises, mais rappelle que la stabilité macroéconomique n’est qu’une étape. Le défi consiste désormais à transformer cette base fragile en moteur de développement durable, capable de résister aux chocs et d’offrir une prospérité plus inclusive.

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