Jeunesse et entrepreneuriat : Le Cameroun amorce la phase concrète de son programme d’inclusion économique des jeunes
À Yaoundé, une première vague de bénéficiaires a reçu des appuis financiers dans le cadre des mécanismes publics d’insertion économique. Cette opération marque l’entrée dans une étape opérationnelle d’un dispositif soutenu par l’État et ses partenaires, visant à transformer l’initiative des jeunes en moteur de croissance.

Le 6 février 2026, à Yaoundé, le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, a procédé à la remise officielle de chèques à une cinquantaine de jeunes sélectionnés dans le cadre du programme d’Inclusion économique des jeunes et du Concours des plans d’affaires. La rencontre s’est déroulée en présence des ministres Mounouna Foutsou et Achille Bassilekin III, ainsi que du représentant de la Banque mondiale, Cheik Fantamady Kante. Pour les autorités, il ne s’agit plus seulement de discours sur l’employabilité, mais d’un signal adressé à une jeunesse appelée à devenir un acteur économique à part entière.
Le sous-programme Inclusion économique des jeunes vise principalement les travailleurs du secteur informel âgés de 18 à 35 ans. Sur trois phases, 65 000 bénéficiaires doivent être accompagnés par des subventions individuelles totalisant 275 000 FCFA, versées en deux tranches. La première cohorte concerne 15 000 jeunes, dont une majorité de femmes. Les projets soutenus couvrent des domaines variés à fort impact local : agriculture, élevage, artisanat, commerce, restauration ou encore transformation agroalimentaire. L’objectif est double : consolider les activités existantes et renforcer les capacités productives de micro-entrepreneurs souvent exclus des circuits financiers classiques.
En complément, le Concours des plans d’affaires s’adresse à des promoteurs de petites entreprises âgées d’un à trois ans, qu’elles opèrent dans le formel ou l’informel. Deux cycles de 1 000 projets sont prévus, avec des subventions moyennes comprises entre 5,5 et 11 millions de FCFA. Les secteurs retenus reflètent une volonté de diversification de l’économie : agro-industrie, numérique, textile, chimie-pharmacie, hôtellerie-restauration ou filière forêt-bois. Chaque projet est censé générer au moins trois emplois, contribuant ainsi à la lutte contre le chômage des jeunes et à l’émergence d’un tissu productif plus solide.
Pour le ministre de l’Économie, cette opération symbolise un pacte entre l’État et la jeunesse. Les bénéficiaires ont été appelés à faire preuve de rigueur dans l’utilisation des fonds, afin de transformer l’aide reçue en valeur durable. Du côté des partenaires techniques, la Banque mondiale a insisté sur l’importance de la persévérance et de l’innovation, conditions jugées indispensables pour créer des emplois stables et inspirer d’autres jeunes à entreprendre.
Au nom des récipiendaires, Erica Akwafe et Boris Djeumou ont salué l’engagement des pouvoirs publics et le leadership du chef de l’État, Paul Biya. Ils ont vu dans ces appuis une chance réelle de rompre avec la précarité et de bâtir des entreprises capables de contribuer au développement du Cameroun. En plaçant l’initiative privée au cœur de sa stratégie sociale, le gouvernement espère ainsi faire de l’inclusion économique un levier durable de transformation nationale.



