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Industrie cimentière : Le Cameroun dépend toujours du clinker nigérian, malgré les ambitions de Dangote Cement

En 2025, près d’un million de tonnes de clinker ont été expédiées depuis le Nigeria vers le Cameroun et le Ghana. Un flux vital pour la production locale de ciment, alors même que le marché camerounais a connu un ralentissement lié au contexte électoral.

Le Nigeria confirme son rôle de pivot dans l’approvisionnement en clinker en Afrique de l’Ouest et centrale. Selon les résultats financiers de Dangote Cement, environ 970 000 tonnes de cette matière essentielle à la fabrication du ciment ont été exportées en 2025 vers le Cameroun et le Ghana. Transporté à bord de 34 navires, ce volume marque une progression de près de 7 % sur un an. À eux seuls, ces deux marchés ont absorbé plus des deux tiers des exportations nigérianes de clinker, estimées à 1,4 million de tonnes sur la période.

Au Cameroun, ces importations ont permis de soutenir l’activité industrielle de l’usine de Dangote Cement Cameroun située à Douala. Avec une capacité annuelle de 1,5 million de tonnes, le site a produit environ 1,2 million de tonnes de ciment en 2025. Cependant, les performances commerciales sont en retrait. Les ventes ont chuté de plus de 14 %, avec une baisse de 200 000 tonnes par rapport à 2024. Le groupe attribue ce repli aux tensions ayant entouré l’élection présidentielle d’octobre 2025 au Cameroun, qui ont perturbé l’activité économique, notamment dans la capitale économique.

Malgré cette contraction, les perspectives pour 2026 apparaissent plus favorables. Le groupe mise sur la relance de la demande portée par les grands chantiers publics, notamment l’autoroute reliant Douala à Yaoundé, ainsi que divers projets routiers et d’ouvrages d’art à travers le pays. Ces investissements devraient soutenir la consommation de ciment à court et moyen terme, redonnant de l’élan à un marché momentanément fragilisé.

Dans cette dynamique, Dangote Cement envisage de renforcer sa présence industrielle. Un accord d’un milliard de dollars a été signé avec Sinoma Engineering afin d’accroître ses capacités dans plusieurs pays africains. Au Cameroun, deux pistes sont actuellement à l’étude : l’extension de l’usine existante de Douala ou la relance d’un projet de cimenterie à Nomayos, resté en suspens depuis plus d’une décennie.

Présent dans le pays depuis 2015, le groupe avait déjà bouleversé le marché en mettant fin au monopole historique de Cimencam. Une décennie plus tard, l’enjeu n’est plus seulement de conquérir des parts de marché, mais de consolider une chaîne d’approvisionnement encore largement dépendante des importations de clinker.

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