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Filière café : Un centre d’excellence pour hisser le robusta vers le marché du café de spécialité

Le Cameroun franchit une nouvelle étape dans la valorisation de sa production caféière. À Baditoum, dans la région de l’Est, le Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC) a inauguré un centre d’excellence dédié au traitement post-récolte du café robusta. L’objectif est clair : améliorer la qualité du produit et ouvrir l’accès aux marchés internationaux les plus rémunérateurs.

La filière café camerounaise amorce un virage vers la montée en gamme. Le 24 mars 2026, le Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC) a officiellement mis en service à Baditoum, dans la région de l’Est, le premier centre d’excellence consacré au traitement post-récolte du café robusta. L’infrastructure est équipée d’installations destinées à améliorer la transformation des cerises de café après la récolte. Elle comprend notamment une salle de fermentation moderne ainsi que des espaces dédiés au séchage.

Ces équipements doivent permettre de mieux maîtriser les différentes étapes de préparation du café, afin d’obtenir un produit final répondant aux standards de qualité élevés recherchés sur les marchés internationaux. Pour les acteurs de la filière, cette initiative constitue un levier essentiel pour renforcer la compétitivité du robusta camerounais.

Selon les experts présents lors de l’inauguration, la qualité est devenue un facteur déterminant pour accéder aux segments premium du marché mondial du café. Akanksa Gupta, spécialiste de l’Association des cafés de spécialité, estime que cette nouvelle infrastructure ouvre la voie au développement du café de spécialité au Cameroun. L’amélioration des procédés post-récolte permet en effet de valoriser davantage la production.

Pour les producteurs, cela peut se traduire par de meilleurs prix et par l’accès à des marchés de niche où la traçabilité et la qualité sont particulièrement valorisées. Anselme Gouthon, président de l’Association des cafés robusta d’Afrique et de Madagascar (Acram), souligne également que les efforts engagés sur la qualité constituent un facteur clé pour renforcer la position des producteurs africains sur la scène internationale.

Le CICC s’appuie sur une approche déjà expérimentée dans la filière cacao. Ces dernières années, la mise en place de centres d’excellence dédiés au traitement post-récolte des fèves a contribué à améliorer la qualité du cacao camerounais. Cette dynamique a favorisé l’établissement de partenariats commerciaux avec des acheteurs internationaux, notamment des chocolatiers européens qui s’approvisionnent directement auprès des coopératives locales à des prix négociés en début de campagne. Les performances enregistrées par le cacao camerounais sur la scène internationale illustrent les retombées de cette stratégie. En février 2026, le pays a ainsi remporté une médaille d’or lors d’un concours international récompensant les meilleures fèves.

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