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Afrique australe : Un nouveau câble sous-marin pour muscler la connectivité Internet régionale

Afrique australe : Un nouveau câble sous-marin pour muscler la connectivité Internet régionale

L’Afrique australe se prépare à accueillir une nouvelle infrastructure majeure dans le domaine des télécommunications. Les opérateurs publics Angola Telecom et Telecom Namibia ont signé, le 23 avril, un protocole d’accord ainsi qu’un accord commercial ouvrant la voie au développement du Southern African Regional Submarine System, plus connu sous l’acronyme SARSSy. Ce projet de câble sous-marin vise à consolider la connectivité internationale sur la façade ouest de la région.

Dans l’immédiat, l’accord permet à Angola Telecom de bénéficier de la capacité internationale du câble Equiano, déjà exploité par Telecom Namibia. Mais l’ambition va plus loin : poser les fondations d’un réseau régional plus robuste et mieux interconnecté. Pour les autorités angolaises, cette initiative dépasse la simple question technique. Le ministre angolais des Télécommunications, Mário Augusto da Silva Oliveira, y voit un levier d’intégration régionale, capable de rapprocher les marchés, de fluidifier les échanges et de soutenir la transformation numérique des économies locales.

Même si l’Afrique australe dispose déjà de plusieurs câbles sous-marins, la multiplication des usages numériques impose de nouvelles capacités. La région est notamment desservie par ACE, WACS, SAT-3, SACS, Equiano ou encore 2Africa, deux des infrastructures les plus récentes affichant des capacités très élevées. Le futur SARSSy viendra surtout jouer un rôle de renfort. Il permettra d’améliorer la redondance du système, un enjeu crucial face aux coupures fréquentes causées par la saturation des réseaux, les incidents techniques ou les ruptures physiques de câbles. Selon les premières indications fournies par le ministère namibien des TIC, cette nouvelle infrastructure reposera sur des technologies de dernière génération, avec une durée de vie estimée à 25 ans et une capacité de transport de données supérieure aux installations actuelles.

Au-delà de la performance technique, l’arrivée d’un nouveau câble pourrait avoir des effets directs sur le portefeuille des consommateurs. Plusieurs études montrent qu’une augmentation de la capacité internationale entraîne généralement une baisse du coût de la connexion Internet. La Fondation pour les études et recherches sur le développement international (Ferdi) estime qu’un doublement de cette capacité peut réduire de près d’un tiers les prix du haut débit fixe et jusqu’à moitié ceux du mobile. La Banque mondiale observe également une tendance similaire, avec des baisses notables sur les deux segments.

Cette évolution serait particulièrement bénéfique pour les pays enclavés comme la Zambie, le Botswana ou le Zimbabwe, qui dépendent des infrastructures côtières pour accéder aux réseaux mondiaux. Une meilleure fluidité sur les côtes signifie, pour eux, un accès plus stable et potentiellement moins coûteux.

La question des coûts reste l’un des principaux obstacles à l’adoption d’Internet sur le continent. En Angola, moins de la moitié de la population utilisait Internet en 2024, contre près de 65 % en Namibie. À l’échelle africaine, le taux d’utilisation demeure encore limité. Avec SARSSy, les promoteurs espèrent donc stimuler non seulement la qualité de service, mais aussi l’inclusion numérique. Une connectivité plus fiable et plus abordable pourrait favoriser l’accès à l’éducation en ligne, aux services financiers numériques et au commerce électronique, autant de piliers du développement économique moderne.

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