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Afrique centrale : Rawbank accélère sa mutation pour devenir un géant financier panafricain

Portée par la montée en puissance de ses activités transactionnelles, du financement des PME et de la banque d’investissement, Rawbank a enregistré en 2025 une progression spectaculaire de ses revenus. La première banque de RDC veut désormais réduire sa dépendance au secteur minier et s’imposer comme un acteur majeur du financement de l’économie réelle en Afrique centrale.

L’année 2025 marque un tournant pour Rawbank. L’établissement bancaire congolais a affiché des résultats en forte hausse, traduisant une accélération de sa transformation stratégique engagée depuis plusieurs années. Le produit net bancaire de la banque a atteint près de 682 millions de dollars, soit une progression de plus de 32 % par rapport à l’exercice précédent. Cette performance dépasse largement la dynamique observée en 2024, où la croissance des revenus était restée limitée.

Dans le même temps, le résultat avant impôts a franchi la barre des 329 millions de dollars. Le bénéfice net, lui, s’est établi à plus de 231 millions de dollars. Une évolution positive, bien que freinée par une augmentation marquée de la pression fiscale supportée par la banque au cours de l’année. Pour les dirigeants du groupe, cette progression illustre surtout une évolution profonde du modèle économique de l’institution, longtemps dominé par les grandes entreprises minières opérant en République démocratique du Congo.

Historiquement très exposée au financement du cuivre et du cobalt, Rawbank cherche désormais à équilibrer davantage ses sources de revenus. La banque multiplie ainsi les investissements dans les services digitaux, les opérations de trésorerie, les paiements électroniques et les activités de marchés financiers. Cette stratégie de diversification s’est particulièrement illustrée dans la banque d’investissement. L’établissement a participé à la structuration d’un financement syndiqué de 400 millions de dollars destiné au complexe minier de Kamoa-Kakula, l’un des plus importants projets cuprifères au monde.

La banque congolaise a également joué un rôle dans la préparation du premier eurobond souverain de la RDC, conclu récemment sur les marchés internationaux avec une levée de fonds de 1,25 milliard de dollars. Autre symbole de cette montée en gamme : la création de la première salle des marchés moderne du pays, destinée à renforcer les capacités locales en matière d’opérations financières sophistiquées.

Au-delà des grands projets industriels, Rawbank veut désormais s’ancrer davantage dans le financement des petites et moyennes entreprises. À travers son programme « 20 000 PME », la banque affirme avoir déjà accordé plus de 5000 financements représentant environ 500 millions de dollars. Cette orientation s’accompagne d’accords de partenariat destinés à soutenir l’écosystème entrepreneurial local. Un mécanisme développé avec COPA-Transforme prévoit notamment de mobiliser près de 300 millions de dollars de subventions sur cinq ans au profit des PME congolaises.

L’établissement développe aussi de nouveaux relais de croissance comme le crédit-bail, la bancassurance ou encore les services dédiés à l’entrepreneuriat féminin. Les activités d’assurance distribuées par la banque auraient d’ailleurs progressé de plus de 150 % sur un an.

Toutes ces initiatives s’inscrivent dans le cadre du plan stratégique « RAW 2030 », lancé officiellement en 2025. À travers ce programme, Rawbank ambitionne de renforcer son rôle dans le financement de l’économie productive et d’accompagner la transformation économique de la RDC. Cette nouvelle phase stratégique s’est traduite par une refonte de l’identité visuelle de la banque, avec un logo inspiré du léopard congolais et un nouveau positionnement marketing tourné vers l’avenir.

D’ici 2030, Rawbank vise un total bilan supérieur à 10 milliards de dollars, contre environ 6,8 milliards actuellement. L’institution veut également accroître ses crédits à l’économie afin de porter son ratio crédits-dépôts à 50 %. Dans un environnement bancaire africain marqué par une concurrence croissante et des marges plus étroites, la banque congolaise cherche désormais à consolider son statut de leader régional tout en élargissant son influence au-delà du secteur minier.

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