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Coopération sous-régionale : À N’Djamena, les trois pays veulent lever les blocages au transit des marchandises

Réunis à N’Djamena dans le cadre de la 5e édition du Forum tripartite Tchad-Cameroun-RCA, les acteurs du transport, de la logistique et des infrastructures portuaires ont engagé deux jours de concertations consacrés à la fluidité du corridor transcamerounais. Au centre des discussions : la réduction des entraves au commerce, la modernisation des infrastructures et la sécurisation des échanges entre les trois pays.

Le Tchad accueille depuis le 11 mai 2026 la 5e édition du Forum tripartite Cameroun-Tchad-République centrafricaine, une rencontre devenue au fil des années un espace stratégique de dialogue sur l’avenir du corridor transcamerounais. Organisé à N’Djamena autour du thème « Facilitation du transit sur le corridor transcamerounais », le rendez-vous rassemble autorités publiques, responsables portuaires, transporteurs et opérateurs logistiques des trois pays. Présidant la cérémonie d’ouverture, la ministre tchadienne des Transports, de l’Aviation civile et de la Météorologie nationale, Fatima Goukouni Weddeye, a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération régionale afin de rendre les échanges commerciaux plus rapides, plus sûrs et moins coûteux.

Pour le Tchad et la République centrafricaine, l’accès aux ports camerounais constitue un enjeu économique majeur. Les corridors reliant les ports de Douala et de Kribi à N’Djamena et Bangui assurent l’essentiel des échanges commerciaux de ces pays enclavés avec le reste du monde. Dans son intervention, le représentant du maire de N’Djamena a rappelé le rôle stratégique de la capitale tchadienne comme carrefour entre l’Afrique centrale et le Sahel. Il a également souligné que la performance des corridors influence directement les coûts d’approvisionnement, la compétitivité des entreprises et les prix des produits de consommation. Le président de Port Synthèse et directeur général du Port autonome de Douala, Cyrus Ngo’o, a pour sa part appelé les différents acteurs à consolider les acquis enregistrés ces dernières années en matière de fluidité du transit. Créée en 1994, la communauté portuaire Port Synthèse sert aujourd’hui de plateforme d’échanges entre les opérateurs des trois pays.

Si plusieurs progrès ont été réalisés sur les corridors sous-régionaux, les participants ont reconnu que de nombreux défis subsistent encore. Le représentant de la République centrafricaine a notamment évoqué la nécessité d’harmoniser les réglementations, de réduire les tracasseries administratives et de moderniser les chaînes logistiques. Il a salué l’engagement des chefs d’État des trois pays, notamment Paul Biya, Mahamat Idriss Déby Itno et Faustin-Archange Touadéra, en faveur d’une meilleure intégration régionale.

Le ministre camerounais des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, a détaillé plusieurs mesures engagées par Yaoundé pour améliorer les corridors. Parmi elles figurent l’élargissement de certains axes routiers à la sortie de Douala, l’extension du terminal à conteneurs du port de Douala, l’avancement de la deuxième phase du port en eau profonde de Kribi ainsi que la réduction de moitié des frais liés aux balises GPS imposées aux transporteurs. Le membre du gouvernement camerounais a également insisté sur la lutte contre les mauvaises pratiques observées sur les corridors, notamment les contrôles abusifs et les lenteurs administratives qui pénalisent les transporteurs.

Au-delà des infrastructures, les discussions de N’Djamena mettent en lumière l’importance de la digitalisation des procédures et de l’amélioration de la gouvernance logistique. Les autorités tchadiennes estiment que ces réformes sont indispensables pour accélérer les délais de transit et sécuriser les marchandises. Les travaux de cette 5e édition devraient déboucher sur une série de recommandations destinées à renforcer l’efficacité du corridor transcamerounais, considéré comme l’un des principaux axes commerciaux d’Afrique centrale. Derrière les enjeux techniques, les trois pays cherchent surtout à bâtir un espace économique plus intégré et capable de soutenir la croissance régionale.

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