Gouvernance de proximité : La Camwater redéfinit le rôle des Chefs de Secteur pour renforcer la performance locale
La société publique de distribution d’eau potable engage une profonde mutation de son organisation territoriale. Au cœur de cette nouvelle architecture, le Chef de Secteur devient un véritable manager opérationnel chargé de piloter simultanément les performances techniques, commerciales et financières au niveau local, sous la supervision des Divisions Régionales.

Dans sa dynamique de modernisation administrative et opérationnelle, la CAMWATER amorce une réorganisation stratégique de ses structures territoriales. L’entreprise publique entend désormais renforcer l’efficacité de ses services à travers une gouvernance davantage orientée vers la proximité, la responsabilité managériale et la culture du résultat. Cette évolution donne une place centrale au Chef de Secteur, dont les missions dépassent désormais le simple encadrement technique des installations hydrauliques. Le poste devient celui d’un véritable pilote territorial de la performance intégrée, chargé d’assurer la cohérence des activités opérationnelles dans son périmètre.
Dans la nouvelle organisation, le Chef de Secteur supervise l’ensemble des activités liées à la production et à la distribution de l’eau potable. Il coordonne notamment l’exploitation des stations de traitement, des forages, des équipements électromécaniques, des stations de pompage, des réservoirs ainsi que des réseaux de distribution. Sa mission consiste à garantir la continuité du service, la disponibilité des équipements stratégiques et la qualité de l’eau distribuée aux populations. À ce titre, il pilote les opérations de maintenance préventive et corrective, supervise les interventions d’urgence et veille à la sécurisation des infrastructures sensibles. L’objectif affiché par la réforme est d’améliorer la réactivité des structures locales tout en réduisant les interruptions de service et les dysfonctionnements techniques observés sur le terrain.
La transformation organisationnelle engagée par la CAMWATER introduit également une dimension commerciale et financière renforcée dans les attributions des Chefs de Secteur. Ces derniers assurent désormais la supervision des agences technico-commerciales implantées dans leur zone de compétence. Ils suivent l’évolution du portefeuille abonnés, la qualité de la relation clientèle, les opérations de facturation ainsi que les performances en matière de recouvrement. La maîtrise des impayés, l’optimisation des recettes et l’amélioration du rendement financier deviennent ainsi des indicateurs centraux de leur action. Cette approche traduit la volonté de l’entreprise de rapprocher les enjeux techniques des impératifs économiques afin de consolider la viabilité financière du service public de l’eau.
Autre axe majeur de cette réforme : la réduction de l’eau non facturée, considérée comme l’un des principaux défis opérationnels de l’entreprise. Le Chef de Secteur se voit confier un rôle déterminant dans la lutte contre les branchements clandestins, les fraudes et les pertes commerciales. Il coordonne les opérations de contrôle sur le terrain, supervise les campagnes de régularisation et veille à la sécurisation des compteurs et des réseaux. Il assure également le suivi des écarts entre les volumes produits, distribués et facturés afin d’identifier les zones à fortes pertes techniques ou commerciales et de mettre en œuvre les mesures correctives nécessaires.
La nouvelle architecture organisationnelle repose sur une articulation renforcée entre les Secteurs et les Divisions Régionales. Les Chefs de Secteur exercent leurs missions sous l’autorité des Chefs de Division Régionale, chargés d’assurer la coordination stratégique et l’évaluation des performances. Ces responsables régionaux veillent à l’harmonisation des pratiques, au suivi des résultats et à la mise en œuvre des orientations définies par la Direction Générale.
À travers cette réforme, la CAMWATER cherche à instaurer un mode de gouvernance plus déconcentré, capable d’améliorer la qualité du service rendu aux usagers tout en renforçant l’efficacité opérationnelle et la soutenabilité financière de l’entreprise. Cette nouvelle organisation marque ainsi l’émergence d’un management territorial plus intégré, où les enjeux techniques, commerciaux et financiers sont désormais pilotés de manière coordonnée au plus près du terrain.



