Intégration régionale : Le Cameroun et la CEEAC resserrent leur alliance face aux menaces sécuritaires en Afrique centrale
En recevant à Yaoundé le président de la Commission de la CEEAC, le ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, a réaffirmé l’engagement du Cameroun en faveur d’une coopération régionale plus étroite en matière de sécurité. Au centre des échanges : la lutte contre l’insécurité maritime dans le golfe de Guinée, le renforcement des mécanismes de paix et la montée en puissance des instruments communautaires de défense.

Le Cameroun et la CEEAC veulent accélérer leur coopération sécuritaire dans un contexte régional marqué par la persistance des menaces transfrontalières. Cette volonté a été affichée le 15 mai 2026 à Yaoundé au cours d’une audience accordée par Joseph Beti Assomo au président de la Commission de la CEEAC, Ezéchiel Nibigira. La rencontre s’inscrit dans la nouvelle orientation impulsée par l’équipe dirigeante de l’organisation sous-régionale, qui entend faire de la paix et de la stabilité un levier majeur de l’intégration en Afrique centrale. Elle intervient également quelques mois après la session extraordinaire des chefs d’État de la CEEAC tenue en janvier 2026 sous la présidence de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.
Au cours des échanges, les deux parties ont longuement abordé les enjeux liés à la sécurisation du golfe de Guinée, devenu ces dernières années un espace sensible confronté à plusieurs formes de criminalité maritime. Piraterie, trafics illicites, contrebande et circulation des groupes criminels figurent parmi les défis évoqués. Pour Yaoundé comme pour la CEEAC, la réponse à ces menaces passe par une meilleure coordination des dispositifs militaires et un partage accru des renseignements entre États membres. Les discussions ont ainsi porté sur le renforcement des mécanismes régionaux de prévention des conflits et sur la consolidation des instruments de maintien de la paix.
Dans cette logique, le rôle du Centre Interrégional de Coordination (CIC), basé à Yaoundé et chargé de la sécurité maritime dans le golfe de Guinée, a occupé une place importante dans les échanges. Les autorités camerounaises considèrent cette structure comme un maillon stratégique de l’architecture sécuritaire régionale.
Le président de la Commission de la CEEAC était accompagné de plusieurs responsables de premier plan de l’organisation communautaire. Parmi eux figuraient le général de corps d’armée Marcel Mapangou Moussadji, le général-major Audace Nduwumunsi ainsi que le colonel Emmanuel Bell Bell. Cette présence illustre la volonté de la nouvelle équipe dirigeante de la CEEAC de privilégier une approche opérationnelle axée sur des résultats concrets. L’organisation veut notamment renforcer l’efficacité de ses mécanismes communautaires afin de répondre plus rapidement aux crises sécuritaires qui secouent la sous-région.
À l’issue de l’audience, le ministre camerounais de la Défense a réitéré la disponibilité du Cameroun à accompagner les initiatives sécuritaires de la CEEAC. Yaoundé entend continuer à jouer un rôle moteur dans les efforts de stabilisation régionale, notamment à travers son soutien aux structures communautaires de coordination militaire et maritime. La rencontre s’est achevée sur une note diplomatique symbolique avec la remise d’un présent au président de la Commission de la CEEAC, geste traduisant la volonté des deux parties de consolider un partenariat appelé à prendre davantage d’ampleur dans les années à venir.



