Sonatrel : Pivot du développement industriel du Cameroun
Créée par décret présidentiel le 8 octobre 2015 et devenue opérationnelle en 2019, la société nationale de transport de l’électricité est le gestionnaire public du réseau de transport d'électricité au Cameroun. Entre réalisations, défis et perspectives, l'entreprise publique s'est vu confier depuis plus d'une décennie, la mission principale d'assurer la maintenance, le développement et l'exploitation des infrastructures de transport pour pallier la vétusté du réseau et limiter les déperditions d'énergie. 11 ans après sa création suivie de son opérationnalisation qui dure déjà 07 bonnes années. L'opérateur dirigé jusqu'ici par l'ancien préfet du département de la Mefou et Afamba, Victor Mbemi Nyankga, se distingue progressivement dans sa mission.

En droite ligne de sa stratégie décennale 2020-2030 visant à moderniser le réseau et à réduire les délestages. L’entreprise a réalisé plusieurs actions, notamment la reprise de la gestion, l’exploitation et la maintenance des infrastructures de transport (lignes haute tension et postes) qui étaient sous la concession d’Eneo, marquant ainsi la séparation effective entre le transport et la distribution.
Un plan Marshall pour réhabiliter et construire des postes de transport
Grâce au projet de remise à niveau des réseaux de transport d’électricité et réforme du secteur (PRRTERS) financé en partie par la Banque mondiale. La Sonatrel a procédé à la réhabilitation de plusieurs postes de transformation et de lignes.
Les plus en vue concernent la construction de plus de 460 km de nouvelles lignes de transport (225 kV et 400 kV) ; la réalisation de la ligne double terne 400 kV Nachtigal-Nyom II, essentielle pour évacuer l’énergie du barrage hydroélectrique de Nachtigal ; la construction des lignes 90 kV Nyom-Oyomabang et Nyom-Ngousso pour sécuriser l’approvisionnement de Yaoundé. À cela, s’ajoute l’installation de nouveaux transformateurs de puissance 3 x 60 MVA pour augmenter la capacité des postes de transformation de Kondengui, Ahala et Limbé.
Cap sur l’automatisation du réseau
Arrivé dans un contexte où les experts estiment à plus 50%, le volume de poteaux électriques à remplacer dans le pays, du fait de leur pourriture. La Sonatrel a engagé un vaste programme de modernisation de son réseau. À ce titre l’on note, le déploiement du système SCADA (Supervisory Control and Data Acquisition) pour la gestion en temps réel, la télésurveillance et l’automatisation du réseau, permettant une meilleure stabilité. Mais aussi, le démarrage des travaux du futur Centre National de Conduite des réseaux.
Des accords solides pour renforcer un tissu industriel en pleine croissance
Porté par un bénéfice net de 2,6 milliards de FCFA en 2021. Et malgré l’épineux défi du recouvrement (42,19 milliards de FCFA recouvrés sur 228,79 milliards de FCFA facturés à l’ex concessionnaire Eneo depuis le 31 décembre 2021). Le gestionnaire du transport de l’électricité a mis le cap sur le renforcement de la capacité industrielle. Outre le lancement des travaux de construction de la ligne 225 kV pour approvisionner la zone industrialo-portuaire de Kribi. Le groupe Prometal et la Société nationale de transport de l’électricité ont signé, le 7 avril 2025 à Douala, un contrat permettant à l’industriel d’accéder au réseau haute tension de la Sonatrel.
L’accord prévoyait la mise à disposition immédiate d’un poste de transformation de 50 MVA pour relier Prometal au réseau de haute tension, et, dans les prochains mois, d’un second poste de 75 MVA. Deux infrastructures réalisées pour un montant de 4,3 milliards de FCFA par le groupement City Centre/Alliances Services/Coget Sarl, suite à un appel d’offres lancé il y a plus d’un an par la Sonatrel. Un dispositif qui, à date, contribue à « booster sa productivité en permettant à ses usines de tourner à plein régime, délivrant ainsi leur capacité totale », confie l’industriel Prometal.
Des difficultés persistantes qui freinent la pleine capacité opérationnelle
Si l’engagement de la société à capitaux publics est très observé dans la mise en œuvre du projet d’interconnexion Cameroun-Tchad (PIRECT) pour l’exportation d’énergie. L’institution fait néanmoins face à divers. À côté des infrastructures de transport qui nécessitent un remplacement urgent pour réduire les déperditions d’énergie, lesquelles atteignent des niveaux très élevés. Le réseau actuel peine à acheminer l’énergie produite de manière optimale, nécessitant un investissement évalué à 700 milliards de FCFA sur 10 ans. Outre les tensions de trésorerie, dû à un non recouvrement d’une grande partie de ses factures auprès de l’ancien concessionnaire revenu sous le giron de l’Etat.
Loin de la vétusté de certaines infrastructures, les branchements illicites et la fraude massive impactent négativement sur les équipements existants, aggravant par là même les pertes sur le réseau. À en croire une étude réalisée par l’agence de régulation du secteur de l’électricité, environ 6,5% de l’énergie produite au Cameroun est perdue dans le processus du transport, tandis que 29% de cette énergie s’évapore dans les circuits de distribution, du fait notamment de fraudes multiformes et de la qualité des équipements. D’ailleurs, le gouvernement table sur des pertes financières de 60 milliards de FCFA par an, encadrées par la fraude.



