PML 5 à Yaoundé : Les corridors de la CEMAC appelés à devenir des moteurs de transformation industrielle
Réunis à Yaoundé dans le cadre de la cinquième édition du Pro Meet Up and Learn (PML), responsables gouvernementaux, institutions régionales, acteurs financiers et opérateurs économiques ont placé les corridors intégrateurs au cœur des stratégies de développement de l’Afrique centrale. L’ambition affichée est de transformer ces infrastructures en véritables leviers de création de valeur, capables d’accélérer l’industrialisation et le commerce intra-régional.

La capitale camerounaise accueille depuis le 1er juin la cinquième édition du forum Pro Meet Up and Learn (PML), une plateforme de réflexion et d’action consacrée aux enjeux du développement économique en Afrique centrale. Organisée sous le Haut Parrainage du Premier ministre, Chef du Gouvernement du Cameroun, cette édition met l’accent sur le rôle des corridors intégrateurs dans la structuration des chaînes de valeur sous-régionales. La cérémonie d’ouverture, tenue à l’Hôtel Hilton de Yaoundé, a réuni de hauts responsables gouvernementaux, des représentants d’organisations régionales, des institutions financières ainsi que des acteurs du secteur privé. Tous ont convergé vers un même constat : l’intégration économique de la zone CEMAC demeure insuffisante malgré l’abondance des ressources naturelles et le potentiel industriel de la région.
Prenant la parole au nom du président de la Commission de la CEMAC, le vice-président de l’institution, Dr Charles Assamba Ongodo, a souligné la nécessité pour l’Afrique centrale d’adapter son modèle économique aux mutations des échanges internationaux. Selon lui, les pays de la sous-région continuent de tirer une part importante de leurs revenus de l’exportation de produits bruts, limitant ainsi les retombées économiques locales. Face à cette réalité, il a plaidé pour une meilleure connexion entre les zones de production, les infrastructures de transport et les unités de transformation industrielle. L’objectif est désormais de concevoir des corridors capables non seulement de faciliter la circulation des marchandises, mais également de favoriser l’émergence de pôles industriels régionaux, créateurs d’emplois et de richesse.
En ouvrant les travaux, la promotrice du forum et présidente de Business Facilities Corporation (BFC), Carole Mbessa Elongo, a rappelé la vocation du PML : fournir aux États et aux opérateurs économiques un cadre de concertation orienté vers des solutions concrètes. Elle a insisté sur l’importance de maintenir une plateforme capable de rapprocher les décideurs publics, les investisseurs et les partenaires techniques autour de projets structurants. La responsable a également salué l’accompagnement des administrations publiques et des différents partenaires qui ont contribué à l’évolution de cet événement devenu un rendez-vous majeur pour les questions d’intégration régionale.
Les enjeux financiers ont également occupé une place importante lors de cette première journée. Mike Ogbalu, directeur général du Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) d’Afreximbank, a mis en avant l’importance des mécanismes financiers modernes pour soutenir le commerce transfrontalier. Son intervention a notamment porté sur les solutions susceptibles de simplifier les transactions entre les pays africains, de réduire les coûts des opérations commerciales et d’améliorer la fluidité des échanges au sein du continent.
Représentant personnel du Premier ministre, le ministre des Transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibéhè, a procédé à l’ouverture officielle des travaux. Il a réaffirmé la volonté du gouvernement camerounais de soutenir les initiatives destinées à renforcer les infrastructures régionales et à améliorer la compétitivité économique de l’Afrique centrale. Pour les autorités camerounaises, le développement de corridors performants constitue un instrument essentiel pour stimuler les investissements, faciliter la circulation des biens et renforcer les échanges entre les pays de la CEMAC.
Au-delà des échanges et des analyses, les organisateurs entendent faire de cette cinquième édition un cadre de décisions opérationnelles. Les participants devraient ainsi élaborer une convention-cadre définissant les filières prioritaires à développer, les mécanismes de coopération à mettre en place ainsi que plusieurs projets pilotes destinés à servir de modèles pour la sous-région. Les conclusions du forum devraient également déboucher sur la création d’un comité d’experts chargé de proposer des feuilles de route et d’assurer le suivi des recommandations formulées. Une démarche qui traduit la volonté des acteurs réunis à Yaoundé de passer du débat à l’action afin de faire des corridors intégrateurs de véritables accélérateurs de croissance et de transformation économique en Afrique centrale.



