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Gaz naturel : La SNH démonte les critiques et met en avant la nouvelle dynamique du secteur gazier camerounais

Après des publications de la presse spécialisée étrangère présentant le retrait du navire de liquéfaction Hilli Episeyo comme le symbole d’un échec de la stratégie gazière du Cameroun, la Société nationale des hydrocarbures (SNH) apporte une série de clarifications. L’entreprise publique estime que cette lecture occulte les investissements en cours, les nouveaux projets structurants et l’arrivée de partenaires internationaux qui redessinent progressivement le paysage gazier national.

La fin des opérations du FLNG Hilli Episeyo au large de Kribi a relancé les débats sur l’avenir du gaz naturel au Cameroun. Dans une note de clarification rendue publique, la Société nationale des hydrocarbures conteste les analyses qui assimilent ce départ à un revers stratégique. Pour l’entreprise, une politique énergétique ne peut être évaluée à travers le seul retrait d’une infrastructure arrivée au terme de son cycle d’exploitation. La SNH soutient que le secteur traverse au contraire une phase de renouvellement caractérisée par le développement de nouveaux gisements, l’ouverture de nouveaux blocs à l’exploration et l’intérêt renouvelé des investisseurs internationaux.

L’entreprise cite en premier lieu le lancement du développement du gisement gazier transfrontalier Yoyo-Yolanda, rendu possible par l’accord d’unitisation signé en février 2026 entre le Cameroun et la Guinée équatoriale. Ce projet, évalué à plusieurs milliards de dollars d’investissements, figure parmi les plus importants chantiers gaziers envisagés dans le pays et devrait permettre une exploitation coordonnée des ressources situées de part et d’autre de la frontière maritime.

Autre illustration de cette dynamique : l’appel d’offres international lancé sur neuf blocs pétroliers et gaziers répartis entre les bassins de Rio del Rey et de Douala-Kribi-Campo. Selon la SNH, plusieurs blocs font déjà l’objet de négociations avec des opérateurs étrangers, dont Murphy West Africa et Octavia Energy. L’arrivée de groupes de référence comme Chevron, à travers sa filiale Noble Energy, et Murphy est présentée comme un indicateur de confiance dans le potentiel du sous-sol camerounais et dans l’environnement d’investissement proposé par le pays.

Concernant le retrait du Hilli Episeyo, la SNH rappelle que cette unité flottante de liquéfaction exploitait un gisement dont les réserves étaient limitées. Après huit années de production, le déclin naturel du champ réduisait progressivement sa rentabilité, une évolution qualifiée de normale dans l’industrie pétrolière et gazière. L’entreprise réfute également l’idée selon laquelle la plateforme aurait pu être redéployée sur un autre gisement camerounais. Elle souligne qu’une telle décision suppose des études indépendantes sur les réserves disponibles, d’importants investissements techniques et une viabilité économique démontrée. À défaut de ces éléments, explique-t-elle, toute décision engageant les ressources nationales devait être appréciée avec prudence.

La SNH répond aussi aux inquiétudes concernant les recettes d’exportation et le torchage du gaz. Elle précise que les volumes produits continueront d’alimenter la centrale thermique de Kribi afin de soutenir la production nationale d’électricité, tandis que d’autres débouchés industriels sont à l’étude. Cette orientation s’inscrit dans une stratégie privilégiant la transformation locale du gaz, avec pour objectif de renforcer la sécurité énergétique, d’accroître la valeur ajoutée nationale et de respecter les engagements environnementaux du Cameroun en matière de réduction du torchage.

Pour la Société nationale des hydrocarbures, les évolutions observées depuis un an traduisent davantage une mutation qu’un affaiblissement du secteur. L’accord sur Yoyo-Yolanda, les négociations engagées sur plusieurs blocs d’exploration et l’arrivée de nouveaux opérateurs témoigneraient d’un changement d’échelle de l’industrie gazière camerounaise. À travers cette mise au point, la SNH défend l’idée que le départ du Hilli Episeyo marque la fin d’un cycle industriel, sans remettre en cause la trajectoire de développement du gaz au Cameroun.

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