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Coopération internationale : L’Afrique au cœur de l’Alliance mondiale contre la faim et la pauvreté

Deux ans après son lancement par le G20, l’Alliance mondiale contre la faim et la pauvreté renforce son ancrage en Afrique. Avec 37 membres africains, dont 28 États et l’Union africaine, l’initiative mise sur des programmes nationaux déjà existants pour accélérer la lutte contre l’insécurité alimentaire et la pauvreté. L’Éthiopie, le Kenya et la Zambie apparaissent aujourd’hui comme les laboratoires de cette nouvelle approche de coopération.

L’Alliance mondiale contre la faim et la pauvreté, créée lors du sommet du G20 de Rio de Janeiro en novembre 2024, entend rompre avec les modèles traditionnels de coopération internationale. Contrairement aux mécanismes d’aide classiques, elle ne finance pas de projets parallèles ni n’impose des programmes standardisés aux États. Sa philosophie repose plutôt sur l’accompagnement des stratégies nationales déjà définies par les gouvernements. Les partenaires, qu’il s’agisse d’institutions financières internationales, de banques de développement ou d’organisations multilatérales, sont invités à aligner leurs ressources financières et techniques sur les priorités des pays bénéficiaires. Cette démarche a déjà séduit plus de 215 membres à travers le monde.

L’Afrique, priorité stratégique de l’Alliance

Le continent africain occupe une place centrale dans cette initiative. Ce positionnement s’explique à la fois par l’ampleur des défis liés à la pauvreté et à l’insécurité alimentaire, mais également par la volonté des pays africains de participer activement à la définition des politiques de développement. L’Afrique n’est pas seulement bénéficiaire de l’Alliance. Elle participe aussi à sa gouvernance. Le Kenya occupe le poste de vice-président du Conseil des champions, tandis que l’Éthiopie, l’Égypte, le Rwanda, l’Afrique du Sud, le Mozambique ainsi que l’Agence de développement de l’Union africaine siègent également au sein de cette instance stratégique. Le renforcement de la présence institutionnelle sur le continent s’est matérialisé en 2026 avec la nomination de Marcelin Tonye Mahop comme responsable régional chargé de coordonner les partenariats depuis Addis-Abeba, en Éthiopie.

Trois pays en première ligne

L’Éthiopie, le Kenya et la Zambie figurent parmi les États les plus avancés dans la mise en œuvre des programmes soutenus par l’Alliance. En Éthiopie, les travaux portent sur le programme national de développement de l’élevage « Yelemat Tirufat Plus ». L’objectif consiste à moderniser les filières de l’élevage et de l’aviculture afin d’améliorer la sécurité alimentaire et d’accroître les revenus des petits exploitants. Une mission technique organisée du 29 juin au 3 juillet 2026 doit permettre d’élaborer une feuille de route opérationnelle. La Zambie, de son côté, s’appuie sur un programme de transferts monétaires élargi intégrant la nutrition, l’éducation, les moyens de subsistance et la résilience climatique. Quant au Kenya, il développe le programme « Maji Plus : Water to Thrive », destiné à améliorer l’accès à l’eau dans les communautés et les établissements scolaires, particulièrement dans les zones arides.

Un modèle économique fondé sur l’effet de levier

Au-delà de la dimension sociale, l’Alliance propose un changement de paradigme économique. L’approche vise à maximiser l’efficacité des financements en réduisant la fragmentation des interventions internationales. L’alignement des financements, de l’expertise technique et de l’assistance institutionnelle autour de programmes nationaux déjà éprouvés devrait améliorer le rendement des dépenses de développement et favoriser une plus grande appropriation par les États africains.

Pour le continent, où la lutte contre la pauvreté demeure étroitement liée aux enjeux de sécurité alimentaire, de gestion de l’eau, de résilience climatique et de transformation agricole, cette initiative pourrait constituer un levier supplémentaire pour accélérer la réalisation des objectifs de développement durable relatifs à l’éradication de la faim et de l’extrême pauvreté.

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