Gestion et anticipation des catastrophes : La FAO mise sur un nouveau projet pour sécuriser plus de 366 000 personnes à l’Extrême-Nord
Améliorer les systèmes d’alerte précoce, la coordination multiniveau, la préparation aux catastrophes et les actions anticipatoires. Tel est la visée du projet de « Renforcement des systèmes de gestion des risques coordonnés pour une préparation, une anticipation et une réponse rapide et efficace aux chocs climatiques dans l’Extrême-Nord du Cameroun » qui sera mis en œuvre par la FAO et ses partenaires, sur financement de la Direction Générale de la Protection Civile et des Opérations d’Aide Humanitaire Européennes (DG ECHO).

Lancé le 23 juillet 2026 à Maroua, ce nouveau projet considéré comme la troisième phase d’une initiative engagée depuis 2021 devrait davantage consolider les acquis obtenus jusqu’ici et répondre efficacement aux multiples défis climatiques auxquels fait face la région de l’Extrême-Nord Cameroun. Sur le terrain, le programme va étendre son action à deux nouvelles communes, Vélé et Kai-Kai, touchant dorénavant 14 communes particulièrement exposées aux risques climatiques. Outre les plus de 366 000 personnes qui en seront bénéficiaires. Le projet présente des innovations majeures et prend en compte les femmes, les infrastructures sans oublier la coordination multisectorielle.
À en croire Gérald Tchatchoua, Chargé des programmes à la FAO Cameroun, « L’une des grandes innovations de cette nouvelle phase réside dans le renforcement des actions anticipatoires. Grâce à une meilleure utilisation des informations climatiques, hydrologiques et communautaires, il sera désormais possible d’agir avant que les catastrophes ne produisent leurs effets les plus dévastateurs… Au-delà des infrastructures et des outils, ce projet investit avant tout dans les femmes et les hommes qui assurent quotidiennement la protection de leurs communautés : les volontaires, les autorités locales, les services techniques, les élus locaux, les organisations communautaires et les leaders traditionnels… Le projet renforcera également la coordination entre les différents niveaux de gouvernance, depuis les communautés jusqu’aux institutions nationales, en consolidant les liens entre les mécanismes locaux de préparation, la Direction de la Protection Civile, l’Observatoire National sur les Changements Climatiques (ONACC), les services météorologiques et les autres partenaires techniques. ».
Saluant le travail remarquable de la FAO qui assure le leadership du consortium constitué d’Action contre la Faim, de la Croix-Rouge française, de la Croix-Rouge camerounaise, de CODAS Caritas, de CADEPI et de l’Observatoire National sur les Changements Climatiques (ONACC). Muhameda Tulomovic, Représentant DG ECHO souligne l’importance de consolider et d’institutionnaliser cette nouvelle phase. « L’ambition commune est que les mécanismes mis en place deviennent progressivement toujours plus intégrés dans les systèmes existants, davantage portés par les institutions nationales, régionales et communales, et de plus en plus appropriés par les communautés elles-mêmes. ».
Du côté de la FAO, « Nous sommes convaincus que les solutions durables ne peuvent être construites qu’avec les institutions nationales, les collectivités territoriales décentralisées et les communautés elles-mêmes ; C’est pourquoi ce projet accorde une place centrale au renforcement du leadership des autorités camerounaises, à la participation active des communes. », soutient l’institution onusienne.
Pour rappel, depuis ans déjà, les actions de la FAO sur le terrain ont contribué à changer drastiquement la façon dont les communautés font face aux risques climatiques. Soutenu par 150 comités communautaires, 12 plans communaux multirisques et un dispositif d’alerte décadaire de l’ONACC. Les populations savent désormais détecter et signaler elles-mêmes les alertes, avec une réponse localisée et plus rapide. Ce qui jusqu’à date, a permis de raccourcir les délais d’intervention grâce au pré positionnement de stocks de contingence. Le cas de Blangoua en 2025 où la mécanique d’anticipation avait permis à 5 400 personnes de recevoir une aide avant que la crise ne les frappe. Évitant ainsi une dégradation de leurs moyens de subsistance.



