Zone Cemac : La BEAC ouvre sa salle des marchés à Africa Finance Corporation et Bank of China pour diversifier la gestion de ses réserves
La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) poursuit la modernisation de la gestion de ses réserves de change. En intégrant Africa Finance Corporation (AFC) et Bank of China (BOC) parmi les institutions habilitées à intervenir avec sa salle des marchés, l’institut d’émission élargit son réseau de partenaires financiers. Cette orientation vise à améliorer la sécurité, la diversification et l’efficacité des placements réalisés sur les marchés internationaux, dans un contexte où les banques centrales sont confrontées à une volatilité accrue des flux financiers mondiaux.

Réuni le 20 juillet 2026 à N’Djaména, le Conseil d’administration de la BEAC a validé l’entrée d’Africa Finance Corporation (AFC) et de Bank of China (BOC) parmi les contreparties de sa salle des marchés. L’établissement chinois obtient également le statut de correspondant bancaire de la banque centrale, ce qui lui permettra de faciliter les opérations financières internationales de l’institution. Cette décision s’inscrit dans la politique engagée depuis plusieurs années par la banque centrale de la Cemac afin de diversifier les établissements avec lesquels elle effectue ses opérations de placement et de gestion de ses réserves extérieures. L’objectif est de réduire la concentration des risques tout en améliorant les possibilités d’investissement sur les marchés internationaux.
L’ouverture du réseau de partenaires de la BEAC repose sur un processus d’évaluation rigoureux. Avant toute admission, les établissements candidats sont soumis à une analyse détaillée portant sur leur solidité financière, leur qualité de crédit, leurs niveaux de capitalisation ainsi que leurs dispositifs de gestion des risques. Les équipes techniques de la banque centrale examinent également les notations attribuées par les principales agences internationales et plusieurs indicateurs prudentiels. Ce n’est qu’à l’issue de cette évaluation que le gouvernement de la BEAC formule une recommandation, ensuite soumise à l’approbation du Conseil d’administration.
Créée en 2007, Africa Finance Corporation s’est imposée comme l’un des principaux bailleurs multilatéraux spécialisés dans le financement des infrastructures sur le continent africain. L’institution intervient notamment dans les secteurs de l’énergie, des transports, des télécommunications et de l’industrie. Son actionnariat rassemble aujourd’hui quarante-huit États africains, dont quatre pays membres de la Cemac. De son côté, Bank of China, fondée en 1912, fait partie des plus importants groupes bancaires mondiaux. Présente dans plus de soixante pays, elle dispose d’une expertise reconnue dans les opérations financières internationales et les services de correspondance bancaire, un atout susceptible de renforcer les capacités opérationnelles de la BEAC.
Au-delà de l’élargissement de son cercle de partenaires, cette décision illustre la volonté de la banque centrale de rapprocher ses pratiques des standards internationaux appliqués par les grandes autorités monétaires. Dans un environnement marqué par la remontée des taux d’intérêt, les tensions géopolitiques et la volatilité des marchés, la diversification des contreparties constitue un levier essentiel pour sécuriser les réserves de change de la Cemac. Sur le plan économique, l’arrivée d’AFC et de Bank of China pourrait également faciliter l’accès de la BEAC à une palette plus large d’instruments financiers et de services spécialisés. La présence d’une institution panafricaine de développement et d’un acteur bancaire majeur d’envergure mondiale renforce ainsi la crédibilité de la banque centrale auprès des marchés internationaux.
Cette évolution intervient alors que les banques centrales africaines cherchent à optimiser la gestion de leurs actifs extérieurs afin de préserver la stabilité monétaire et de soutenir la résilience de leurs économies face aux chocs internationaux. Pour la BEAC, cette diversification apparaît comme une nouvelle étape dans la consolidation de son dispositif de gestion des réserves et dans le renforcement de son intégration aux circuits financiers mondiaux.



