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Paludisme : Des parlementaires camerounais plaident pour un décaissement rapide de 14,7 milliards FCFA afin de préserver les financements internationaux

Face au risque de fragilisation des programmes de lutte contre le paludisme, cinq députés membres du Caucus parlementaire pour le financement de la santé ont remis, le 29 juillet 2026, un mémorandum au Premier ministre. Ils y appellent le gouvernement à honorer ses engagements financiers envers le Fonds mondial, estimant que le paiement de la contrepartie nationale constitue un investissement stratégique pour préserver plusieurs dizaines de milliards de FCFA de financements extérieurs, tout en consolidant la crédibilité du Cameroun auprès de ses partenaires.

Le financement de la lutte contre le paludisme dépasse désormais le seul cadre sanitaire. Dans un mémorandum adressé au Premier ministre, Chef du gouvernement, une délégation de cinq parlementaires a défendu l’idée selon laquelle la contrepartie exigée par le Fonds mondial représente un investissement à fort rendement économique. Selon le document, l’État devrait mobiliser 14,7 milliards de FCFA au titre de la contrepartie nationale prévue pour 2027. Cette contribution conditionne l’accès à des financements internationaux beaucoup plus importants destinés à soutenir les programmes de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme. Les parlementaires rappellent que le mécanisme de cofinancement fonctionne comme un effet de levier : chaque franc CFA mobilisé par le Cameroun permettrait d’attirer entre quatre et cinq francs CFA supplémentaires provenant du Fonds mondial. À leurs yeux, retarder cette contribution reviendrait non seulement à perdre des ressources extérieures déjà mobilisables, mais aussi à accroître les dépenses futures liées à la prise en charge des malades.

Préserver les acquis du système de santé

Les auteurs du mémorandum mettent également en garde contre les conséquences opérationnelles d’un éventuel retard de paiement. Les financements internationaux soutiennent une partie importante de l’approvisionnement en médicaments, du fonctionnement des laboratoires, des campagnes de prévention ainsi que des activités des formations sanitaires engagées dans la lutte contre le paludisme. Une interruption de ces ressources pourrait affecter la continuité des soins, notamment pour les populations les plus vulnérables, parmi lesquelles les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans, qui demeurent les principales victimes de cette maladie au Cameroun. Les députés insistent ainsi sur le fait que la contrepartie nationale ne constitue pas une nouvelle dépense budgétaire, mais plutôt la condition permettant au pays de bénéficier pleinement des engagements financiers déjà consentis par les partenaires internationaux.

Un enjeu de crédibilité auprès des bailleurs

Au-delà des considérations sanitaires, les parlementaires attirent l’attention du gouvernement sur les implications diplomatiques et financières d’un éventuel manquement. Ils rappellent que les engagements pris dans le cadre du protocole de coopération avec les États-Unis intègrent explicitement les exigences de cofinancement des programmes de santé. Le respect de ces obligations constitue donc, selon eux, un signal de confiance adressé à l’ensemble des partenaires techniques et financiers.

Dans un contexte où les ressources concessionnelles deviennent plus compétitives et où les bailleurs accordent une importance croissante à la gouvernance des financements publics, la capacité du Cameroun à honorer ses engagements pourrait influencer les futures négociations financières. Sur le plan économique, cette logique s’inscrit dans une approche de prévention des risques budgétaires. Les coûts associés à une recrudescence du paludisme, qu’il s’agisse des dépenses hospitalières, des pertes de productivité ou de l’absentéisme scolaire, seraient largement supérieurs à l’effort financier demandé aujourd’hui.

Une approche multisectorielle désormais privilégiée

Le mémorandum ne se limite pas aux questions de financement. Les parlementaires proposent également l’organisation, sous l’autorité du Premier ministre, d’une cérémonie officielle de lancement du Cadre national multisectoriel de lutte contre le paludisme 2026-2030, envisagée pour le début du mois de septembre. Cette rencontre permettrait de réunir plusieurs départements ministériels afin de renforcer la coordination des politiques publiques autour de la lutte antipaludique. Les auteurs du document estiment que la réduction durable de la maladie ne relève plus uniquement du ministère de la Santé, mais implique aussi les secteurs de l’éducation, du tourisme, des affaires sociales, de la communication ou encore de la promotion de la femme. Ils mettent en avant plusieurs avancées déjà enregistrées, notamment l’élaboration de 17 plans d’action sectoriels, les mesures prises pour promouvoir des établissements hôteliers exempts de risques liés au paludisme, les initiatives ciblant les populations vulnérables ainsi que le programme éducatif « Mon École Sans Paludisme ».

Un arbitrage stratégique pour les finances publiques

Au-delà du montant demandé, le mémorandum pose une question de stratégie budgétaire. Dans un environnement marqué par la pression sur les finances publiques, les parlementaires considèrent que certaines dépenses produisent un effet multiplicateur suffisamment élevé pour être considérées comme prioritaires. Le cofinancement du Fonds mondial apparaît ainsi comme un investissement susceptible de générer un retour financier immédiat à travers les ressources extérieures mobilisées, tout en limitant les coûts économiques induits par la persistance du paludisme. Pour les signataires, préserver cet effet de levier constitue autant un impératif de santé publique qu’un choix rationnel de politique économique.

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