Infrastructures pétrolières : La SCDP investit 2,36 milliards de FCFA pour renforcer ses capacités de stockage de carburants
La Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) poursuit le renforcement de son dispositif logistique dans le septentrion. L’entreprise publique a confié à un groupement d’entreprises la construction d’un nouveau réservoir de gasoil de 3 000 m³ à Ngaoundéré. L’investissement devrait accroître de plus de moitié les capacités de stockage des produits blancs du dépôt, un levier destiné à améliorer la sécurité d’approvisionnement des régions du Nord, sans pour autant garantir la disparition des pénuries.

La SCDP a franchi une nouvelle étape dans la modernisation de ses infrastructures avec l’attribution d’un marché de 2,359 milliards de FCFA TTC au groupement RG&Co./Bajaj Steel Industries Limited. Le contrat porte sur la réalisation d’un bac de stockage de 3 000 m³ destiné au gasoil au dépôt de Ngaoundéré. La décision, signée le 9 juin 2026 et rendue publique quelques jours plus tard par l’Agence de régulation des marchés publics (ARMP), prévoit un délai d’exécution de seize mois. Le montant retenu est légèrement inférieur à l’enveloppe initialement prévue, traduisant une économie d’environ 1,1 % par rapport à l’estimation de départ. En parallèle, la SCDP a confié à Parlym Cameroun une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage de près de 114 millions de FCFA. Les deux contrats représentent un engagement financier de près de 2,47 milliards de FCFA, même si ce montant ne couvre pas nécessairement l’ensemble des dépenses qui seront engagées jusqu’à la mise en exploitation de l’ouvrage.
Aujourd’hui, le dépôt de Ngaoundéré dispose d’une capacité de stockage d’environ 5 500 m³ pour les produits blancs, comprenant essentiellement le super, le pétrole lampant et le gasoil. Avec l’ajout du nouveau réservoir, cette capacité devrait atteindre environ 8 500 m³, soit une progression de près de 55 %. En réalité, les capacités techniques détaillées totalisent 5 540 m³ actuellement et atteindraient 8 540 m³ après l’installation du nouveau bac. Les chiffres publiés par la SCDP demeurent toutefois arrondis afin de faciliter la présentation des capacités globales. Le nouveau réservoir représentera à lui seul plus du tiers de la capacité future du site, illustrant l’importance stratégique de cet investissement dans le dispositif logistique national.
Le dépôt de Ngaoundéré joue un rôle central dans l’approvisionnement de la région de l’Adamaoua ainsi que d’une partie des régions du Nord et de l’Est. L’augmentation des capacités de stockage permettra théoriquement de mieux absorber les retards d’approvisionnement et de disposer d’une marge de sécurité plus importante en cas de perturbations de la chaîne logistique. Toutefois, une capacité de stockage plus élevée ne signifie pas automatiquement une amélioration de la disponibilité des carburants. Les ruptures éventuelles restent liées à plusieurs facteurs, notamment l’approvisionnement en produits pétroliers, les délais de transport jusqu’au dépôt et la fluidité de la distribution vers les stations-service. La SCDP envisage également d’accroître les capacités de stockage du gaz de pétrole liquéfié (GPL) sur le même site. Cependant, les documents publics disponibles présentent des divergences. Les procédures de passation de marchés évoquent la construction d’un réservoir de 250 tonnes, après la relance d’un appel d’offres en 2025, tandis qu’une communication plus récente de la SCDP fait état d’un équipement de 500 tonnes déjà en chantier. Cette contradiction ne permet pas de déterminer avec certitude la capacité finale qui sera effectivement installée. Selon le scénario retenu, le stockage de GPL passerait soit de 95 à 345 tonnes, soit à près de 600 tonnes.
Au-delà de l’aspect technique, cette extension répond à un enjeu économique majeur. L’amélioration des capacités de stockage vise à renforcer la résilience du réseau national de distribution des produits pétroliers dans une zone où les distances logistiques sont importantes. Une meilleure disponibilité des stocks peut contribuer à limiter les risques de rupture et à offrir davantage de flexibilité dans la gestion des approvisionnements, particulièrement lors des périodes de forte demande ou de perturbation des transports.
S’agissant du GPL, la SCDP met également en avant les bénéfices attendus sur le plan environnemental, en favorisant une utilisation accrue des combustibles propres au détriment du bois de chauffe. Néanmoins, aucun élément chiffré ne permet, à ce stade, d’évaluer les effets réels que ces investissements pourraient avoir sur la consommation de bois, la préservation des ressources forestières ou le pouvoir d’achat des ménages. Les retombées économiques, sociales et environnementales dépendront donc de la mise en service effective des installations et de l’évolution du marché régional des produits pétroliers.



