Transport et logistique : Le Port de Douala mise sur la résilience des corridors pour renforcer les échanges avec le Sahel
Sponsor officiel de la 5ᵉ édition du symposium international Translog Africa, organisée du 20 au 22 octobre 2026 à Ouagadougou, au Burkina Faso, le Port Autonome de Douala entend consolider ses relations avec les pays de l’hinterland. Son directeur général a plaidé pour des infrastructures performantes, la digitalisation des procédures et une meilleure coordination des acteurs afin de sécuriser les chaînes logistiques africaines face aux perturbations mondiales.

Le Port autonome de Douala (PAD) entend renforcer son positionnement dans les échanges commerciaux avec les pays enclavés d’Afrique centrale et de l’Ouest. C’est le message porté par son directeur général à l’occasion de la 5ᵉ édition du symposium international Translog Africa, qui se tient du 20 au 22 octobre 2026 à Ouagadougou, au Burkina Faso. Sponsor officiel de cette rencontre organisée autour du thème « Résilience et sécurisation des chaînes logistiques dans un environnement mondial en pleine mutation », l’autorité portuaire camerounaise affiche sa volonté de contribuer à une intégration logistique plus poussée du continent.
Pour le responsable du PAD, la présence d’un port maritime au cœur du Sahel répond à une logique économique claire : « Un port n’a de sens que par les territoires qu’il dessert et les économies qu’il accompagne. » Une manière de souligner que la performance portuaire ne se limite pas aux opérations de manutention et de transit, mais dépend également de la fluidité des corridors terrestres, de la fiabilité des partenaires et de la capacité à acheminer les marchandises jusqu’aux marchés de destination.
Cette approche revêt un intérêt particulier pour les pays sans littoral, dont l’approvisionnement dépend largement des infrastructures portuaires et des axes de transport des pays voisins. Les retards, les coûts supplémentaires de transit et les perturbations des corridors peuvent se répercuter sur les prix des produits, la compétitivité des entreprises et, in fine, le pouvoir d’achat des populations.
Les corridors, maillons stratégiques de la compétitivité africaine
Les crises sanitaires, les tensions géopolitiques, les dérèglements climatiques, les cybermenaces et les perturbations des capacités portuaires ont mis en évidence la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement internationales. Dans ce contexte, la rapidité d’exécution et la maîtrise des coûts ne suffisent plus à mesurer la performance logistique. Les opérateurs doivent également être capables d’anticiper les risques, de s’adapter aux imprévus et de maintenir la continuité des échanges. Le Port autonome de Douala souhaite prendre part à cette dynamique en consolidant ses relations avec les chargeurs, les transporteurs et les autorités des pays de l’intérieur. L’objectif est de rechercher, avec ces partenaires, des solutions adaptées aux besoins des économies desservies et de renforcer la complémentarité entre les infrastructures portuaires et les réseaux de transport terrestres.
Quatre leviers pour renforcer la résilience logistique
Dans son intervention, le directeur général du PAD a identifié quatre piliers sur lesquels doit reposer la résilience des chaînes logistiques. Le premier concerne les infrastructures et les capacités opérationnelles. La modernisation des ports, l’adaptation des terminaux, le développement des plateformes logistiques et la fiabilité des corridors routiers et ferroviaires constituent, selon lui, des conditions essentielles à la fluidité des échanges. Le deuxième levier est la digitalisation. La mise en place de guichets uniques, le suivi des marchandises en temps réel et l’interconnexion des différents intervenants doivent permettre d’améliorer la visibilité des opérations, de réduire les lourdeurs administratives et de mieux maîtriser les flux. La transformation numérique apparaît également comme un moyen d’améliorer la prévisibilité des délais et la qualité des services proposés aux opérateurs économiques.
Le troisième pilier repose sur la coordination entre les acteurs. Armateurs, transitaires, administrations douanières, transporteurs, chargeurs et autorités portuaires doivent travailler de manière concertée. Une rupture dans l’un des maillons peut ralentir l’ensemble de la chaîne et compromettre les délais d’approvisionnement. Enfin, le capital humain reste déterminant. Le développement des compétences, la certification et la transmission des savoir-faire doivent accompagner les investissements matériels et technologiques. Pour le PAD, les outils numériques et les infrastructures ne peuvent produire pleinement leurs effets sans des ressources humaines qualifiées.
Sûreté, cybersécurité et diversification des approvisionnements
Au-delà des infrastructures, la sécurisation des chaînes logistiques constitue un autre chantier majeur. Elle concerne d’abord la protection des marchandises et des convois, la prévention de la fraude et des trafics illicites, ainsi que le respect des normes internationales. Ces dispositifs sont essentiels pour préserver la confiance des opérateurs, des partenaires commerciaux et des assureurs.
La cybersécurité prend également une importance croissante avec la digitalisation des procédures portuaires et des opérations de transport. La protection des systèmes d’information devient une condition de continuité des activités, dans un environnement où une défaillance informatique peut perturber la circulation des données et ralentir les opérations physiques.
Le troisième enjeu porte sur la sécurité des approvisionnements. Pour les économies africaines, la diversification des corridors, des routes commerciales et des partenaires constitue un moyen de mieux absorber les ruptures et les perturbations extérieures. Cette stratégie suppose une coopération accrue entre les États, les ports et les opérateurs privés.
Le PAD veut consolider son ancrage régional
En participant à Translog Africa 2026 en qualité de sponsor officiel, le Port autonome de Douala entend conforter son rôle de porte d’entrée maritime du Cameroun et de plateforme au service des échanges régionaux. Son engagement, selon son directeur général, porte notamment sur la modernisation des infrastructures, des superstructures et des équipements, la digitalisation des procédures, le développement des compétences et l’amélioration continue de la qualité des services. La rencontre de Ouagadougou constitue ainsi une occasion de renforcer le dialogue avec les acteurs burkinabè et les autres partenaires de la chaîne logistique. Le PAD souhaite notamment promouvoir le partage des données et des bonnes pratiques, consolider les partenariats public-privé et encourager l’émergence de projets structurants entre les ports maritimes et les pays de l’hinterland.
Le dirigeant a également insisté sur la nécessité de placer la jeunesse africaine au cœur de cette transformation, à travers le transfert de compétences et l’accès à de nouvelles responsabilités dans les métiers du transport et de la logistique.
Au-delà des trois jours de travaux, l’enjeu sera donc de traduire les échanges en initiatives concrètes. Pour le Port autonome de Douala, la résilience logistique africaine dépendra autant de la qualité des infrastructures que de la capacité des acteurs à coopérer, à anticiper les risques et à diversifier leurs solutions d’approvisionnement. Une orientation qui inscrit le renforcement des corridors et la coopération Sud-Sud au cœur des perspectives d’intégration économique du continent.



