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Agro-industrie : Le Cameroun muscle le contrôle qualité de son cacao et de son café pour séduire les marchés premium

Avec l’appui technique de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel et un financement japonais, l’Office national du cacao et du café modernise ses infrastructures d’analyses à Douala. L’objectif est clair : renforcer la traçabilité, améliorer la reconnaissance internationale des produits camerounais et conquérir des segments plus rémunérateurs du marché mondial.

Le Cameroun accélère sa stratégie de valorisation du cacao et du café à l’exportation. Le 22 mai 2026, à Douala, l’Office national du cacao et du café (ONCC) a réceptionné une nouvelle génération d’équipements scientifiques destinés à son laboratoire central. Cette initiative s’inscrit dans le Projet de promotion de la compétitivité internationale et de la durabilité des produits camerounais grâce aux technologies avancées, plus connu sous l’acronyme PICS Cameroun. Financé par le Japon à hauteur de 1,3 milliard de FCFA sur une période de trois ans, ce programme vise à améliorer la qualité des analyses réalisées sur les fèves de cacao et les grains de café produits dans le pays. Dans un environnement commercial où les normes sanitaires et environnementales deviennent de plus en plus strictes, Yaoundé cherche à renforcer la crédibilité de ses certifications locales.

Grâce aux nouveaux outils acquis, l’ONCC entend développer des capacités plus poussées en analyses physicochimiques et en caractérisation sensorielle. Les autorités souhaitent notamment établir une véritable cartographie aromatique des productions nationales afin de distinguer les spécificités des différents bassins agricoles du pays. Cette démarche devrait permettre au Cameroun de mieux positionner ses produits sur les marchés spécialisés, où les acheteurs recherchent désormais des profils gustatifs précis et des origines clairement identifiées. Entre notes fruitées, intensité aromatique et typicité des terroirs, le cacao et le café deviennent progressivement des produits de signature plutôt que de simples matières premières.

Pour le directeur général de l’ONCC, Michael Ndoping, cette modernisation ouvre la voie à une meilleure promotion des productions nationales auprès des importateurs internationaux. L’ambition est de fournir des données scientifiques fiables capables de soutenir la réputation des produits camerounais.

L’un des piliers du projet repose sur l’alignement des laboratoires de l’ONCC à la norme ISO 17025, référence mondiale en matière de compétence des laboratoires d’essais. Une telle certification renforcerait la reconnaissance internationale des analyses effectuées au Cameroun et réduirait le recours systématique aux contre-expertises à l’étranger. Au-delà des équipements, le programme prévoit également la formation du personnel technique afin d’installer durablement une culture de qualité et de traçabilité au sein de l’institution. Cette évolution intervient alors que l’Union européenne renforce ses règles sur la déforestation importée et les exigences de transparence dans les chaînes d’approvisionnement agricoles.

Le cacao demeure l’un des principaux produits d’exportation du Cameroun. En 2025, la production nationale a dépassé 309 000 tonnes, générant plus de 810 milliards de FCFA de recettes à l’export. Malgré ces performances, le pays reste encore peu présent sur les segments haut de gamme dominés par certains producteurs d’Amérique latine et d’Afrique de l’Est. Dans la filière café, la production a progressé de 10 % en 2025 pour atteindre plus de 11 600 tonnes. Mais la concurrence internationale pousse désormais les producteurs camerounais à miser davantage sur la qualité, la certification et l’identité des terroirs. Avec cette montée en puissance de ses capacités analytiques, le Cameroun espère transformer son avantage agricole en véritable valeur ajoutée commerciale. Une bataille où les laboratoires deviennent désormais aussi stratégiques que les plantations.

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