Cameroun-Tchad : Un nouvel accord pour fluidifier le corridor Douala-Kribi/N’Djamena
Face aux lenteurs administratives, aux coûts élevés du transport et aux difficultés récurrentes sur le corridor reliant le Cameroun au Tchad, les conseils des chargeurs des deux pays ont décidé d’unir leurs efforts. Signé à N’Djamena lors du forum tripartite Cameroun-Tchad-RCA, le partenariat ambitionne de moderniser les opérations de transit et de renforcer l’intégration commerciale sous-régionale.

Le Cameroun et le Tchad franchissent une nouvelle étape dans leur coopération logistique. Le Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC) et le Conseil des chargeurs tchadien (COC-Tchad) ont conclu un protocole de coopération destiné à améliorer le transport des marchandises entre les ports camerounais de Douala et Kribi et la capitale tchadienne, N’Djamena. La signature de cet accord est intervenue à N’Djamena, en marge de la cinquième édition du forum tripartite réunissant le Cameroun, le Tchad et la République centrafricaine. L’événement s’est déroulé en présence de plusieurs responsables du secteur portuaire et logistique, parmi lesquels Cyrus Ngo’o, directeur général du Port autonome de Douala.
Pays enclavé, le Tchad dépend largement des infrastructures portuaires camerounaises pour ses échanges avec le reste du monde. Plus de quatre cinquièmes des importations tchadiennes transitent en effet par le corridor camerounais, faisant de cet axe un levier stratégique pour l’économie tchadienne. Avec cette convention, les deux institutions souhaitent transformer le corridor Douala-Kribi/N’Djamena en une plateforme logistique plus performante pour l’Afrique centrale. L’objectif affiché est de réduire les lenteurs qui affectent le transit des marchandises et de rendre les opérations plus fluides pour les opérateurs économiques. Les parties signataires misent notamment sur une meilleure coordination des services d’accompagnement destinés aux importateurs, exportateurs et transporteurs opérant sur cet itinéraire commercial.
Le nouvel accord prévoit plusieurs innovations destinées à moderniser la chaîne logistique. Les deux organismes envisagent l’interconnexion de leurs systèmes d’information afin de faciliter l’échange de données en temps réel. Parmi les principales mesures annoncées figurent également le suivi électronique des cargaisons, la simplification des procédures douanières et la mise en place d’une plateforme numérique commune. Celle-ci devrait permettre aux opérateurs économiques de signaler rapidement les difficultés rencontrées durant les opérations de transit. Les autorités veulent aussi s’attaquer aux pratiques irrégulières souvent dénoncées sur le corridor, notamment les contrôles excessifs et les tracasseries administratives qui rallongent les délais de transport et augmentent les coûts logistiques.
Pour Auguste Mbappé Penda, directeur général du CNCC, cette coopération doit permettre d’apporter des réponses plus rapides aux préoccupations des chargeurs des deux pays. Selon lui, les opérateurs tchadiens confrontés à des difficultés au Cameroun pourront désormais bénéficier de l’appui des autorités portuaires camerounaises et du CNCC. Dans le même esprit, les entreprises camerounaises exerçant au Tchad pourront compter sur l’assistance du COC-Tchad et des administrations compétentes tchadiennes. Le responsable camerounais a insisté sur la nécessité d’impliquer l’ensemble des acteurs de la chaîne logistique, notamment les administrations douanières, les autorités portuaires et les conseils des chargeurs, afin de garantir l’efficacité du dispositif.
De son côté, Hamid Djoumino, directeur général du COC-Tchad, estime que cette alliance traduit la volonté des deux pays de renforcer leur coopération économique. Il considère que la fluidité du corridor constitue un enjeu majeur pour les commerçants et les transporteurs dépendant des ports camerounais. Au-delà des échanges bilatéraux, cet accord s’inscrit dans une dynamique plus large d’intégration régionale en Afrique centrale, où les infrastructures de transport demeurent essentielles pour stimuler les échanges commerciaux et soutenir la compétitivité des économies de la sous-région.



