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Financement du développement : L’Afrique met sur la table 46 milliards de dollars de projets pour séduire les investisseurs

Réunis à Nairobi à l’occasion du sommet de l’Africa Finance Corporation (AFC), plusieurs États africains ont dévoilé une série de projets d’infrastructures majeurs dans les transports et l’énergie. L’enjeu est de taille : attirer des financements privés pour accélérer l’intégration régionale, moderniser les réseaux logistiques et soutenir la transition énergétique du continent.

L’Afrique cherche à transformer ses ambitions en chantiers concrets. Lors du sommet de l’Africa Finance Corporation (AFC), organisé les 23 et 24 avril à Nairobi, plusieurs gouvernements ont présenté un portefeuille de projets d’infrastructures estimé à près de 46 milliards de dollars. Chemins de fer, aéroports, centrales solaires, parcs éoliens ou encore barrages hydroélectriques : les investissements ciblés couvrent des secteurs jugés stratégiques pour la compétitivité économique et l’intégration régionale.

L’objectif affiché est clair : mobiliser davantage de capitaux privés pour combler le déficit chronique de financement des infrastructures sur le continent. L’AFC, institution financière panafricaine spécialisée dans le financement du développement, a indiqué avoir déjà engagé des discussions pour lever environ 2 milliards de dollars auprès de banques commerciales et de partenaires de développement afin de lancer certains projets prioritaires.

Pays hôte du sommet, le Kenya a mis en avant son nouveau Fonds national d’infrastructures, un mécanisme destiné à attirer près de 38,7 milliards de dollars pour soutenir ses priorités nationales. Parmi les projets phares figure la modernisation de l’aéroport international Jomo Kenyatta de Nairobi. L’ambition est de porter la capacité de cette plateforme stratégique à 22 millions de passagers d’ici 2045, grâce à un investissement évalué à 1,5 milliard de dollars. Pour Nairobi, cette transformation vise à renforcer son rôle de carrefour aérien majeur en Afrique de l’Est, dans un contexte de concurrence croissante entre hubs régionaux.

Les infrastructures ferroviaires occupent une place centrale dans les discussions, avec plusieurs projets destinés à fluidifier les échanges commerciaux entre pays voisins. La Tanzanie a notamment défendu son Corridor central, une ligne ferroviaire électrique de 11,8 milliards de dollars reliant le port de Dar es Salaam à Kigali, avec des prolongements envisagés vers le Burundi et la RDC. La Zambie, de son côté, mise sur la liaison ferroviaire Zambie-Lobito pour connecter sa riche zone cuprifère au port angolais de Lobito, ouvrant ainsi un accès stratégique à l’Atlantique. En République démocratique du Congo, le projet MetroKin prévoit la mise en service d’un train urbain électrique reliant le centre de Kinshasa à l’aéroport international de Ndjili, afin d’améliorer la mobilité dans une métropole en forte croissance.

La transition énergétique figure également parmi les priorités majeures du sommet. Le Ghana a présenté un ambitieux corridor économique autour de la Volta, combinant production solaire et solutions de stockage par batterie. L’Éthiopie recherche des financements pour deux centrales solaires ainsi qu’un parc éolien dans la région d’Adigala, tandis que l’Ouganda mise sur le barrage d’Angololo, destiné à soutenir à la fois l’irrigation agricole et la production hydroélectrique. À travers ces initiatives, les pays africains veulent envoyer un signal clair aux investisseurs : les opportunités existent, mais leur concrétisation dépendra de la capacité à attirer des financements durables et à instaurer un climat de confiance autour des grands projets structurants du continent.

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