A la UneInfrastructures

Infrastructures publiques : La CSPH engage plus de 7 milliards pour agrandir son immeuble de rapport

La Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH) vient de franchir une nouvelle étape dans la valorisation de son patrimoine immobilier. L’établissement public a attribué à ETS Mbakam un marché de 7,134 milliards de FCFA TTC pour l’extension de son immeuble situé à Bonanjo, à Douala. Avec les prestations de maîtrise d’œuvre et de contrôle, l’opération mobilisera près de 7,71 milliards de FCFA et s’étalera sur trois ans.

Le projet est désormais entre les mains d’ETS Mbakam. Par une décision datée du 3 septembre 2026, le directeur général de la CSPH, Okie Johnson Ndoh, a officialisé l’attribution du marché à cette entreprise pour un montant de 7,134 milliards de FCFA toutes taxes comprises. Le contrat, évalué à 5,985 milliards de FCFA hors taxes, doit être exécuté sur une période de 36 mois. Le calendrier financier est étalé sur plusieurs exercices budgétaires, avec une première dotation de 2,418 milliards de FCFA inscrite au budget d’investissement de 2026. Les financements complémentaires sont prévus pour 2027 et 2028. Ce montage budgétaire traduit une volonté de la CSPH de lisser l’effort financier plutôt que de concentrer la totalité de la dépense sur un seul exercice. « Dans le cas d’un projet immobilier de cette dimension, l’étalement des crédits permet de mieux absorber l’investissement dans les budgets annuels », analyse-t-il, tout en soulignant que la rentabilité future de l’actif devra justifier l’importance des sommes engagées.

De la rénovation à l’extension

La particularité de ce nouveau chantier réside dans sa nature. La CSPH ne se limite plus à remettre à niveau un bâtiment existant : elle prévoit désormais d’en augmenter la capacité. Le programme comprend une large gamme de travaux : structures et gros œuvres, béton armé, maçonnerie, toiture, menuiseries, plomberie, réseaux électriques, climatisation et ventilation. Un ascenseur, un groupe électrogène de forte capacité, les revêtements, les finitions ainsi que les aménagements extérieurs sont également prévus. Les documents disponibles restent cependant discrets sur plusieurs indicateurs essentiels. La superficie qui sera créée, le nombre de niveaux supplémentaires et le nombre de locaux destinés à la location ne sont pas précisés. Même interrogation concernant les recettes que génère actuellement l’immeuble.

Ces données seront déterminantes pour apprécier la pertinence économique de l’opération. « La valeur d’un investissement immobilier public ne se mesure pas uniquement au coût du chantier. Il faut aussi regarder la capacité du nouvel actif à produire des revenus, à réduire certaines charges ou à accroître durablement la valeur du patrimoine », estime-t-il.

Un immeuble qui a déjà bénéficié de plusieurs investissements

L’extension intervient sur un site qui n’est pas nouveau dans les programmes d’investissement de la CSPH. En 2018, l’établissement avait prévu environ 65 millions de FCFA pour différents travaux, notamment sur l’escalier de secours, l’auvent principal et les espaces extérieurs. Une année plus tard, une rénovation générale de près de 400 millions de FCFA avait été confiée à Beacon TP SARL. En 2024, la CSPH avait par ailleurs engagé une procédure concernant l’installation d’un ascenseur. Les informations officiellement accessibles ne permettent pas de confirmer si cette opération a effectivement été menée à son terme. Cette succession de dépenses pose donc la question de la programmation patrimoniale. Pour un économiste, l’enjeu est moins de contester l’investissement que de s’assurer que les différentes interventions s’inscrivent dans une stratégie cohérente à long terme.

ETS Mbakam, un partenaire déjà connu de la CSPH

Le choix d’ETS Mbakam intervient au terme d’un appel d’offres restreint. Trois entreprises avaient été retenues à l’étape de la préqualification : ETS Mbakam, Graystone et Nicam. Les candidats devaient notamment démontrer leur expérience à travers quatre réalisations comparables au cours des dix dernières années et disposer d’une capacité financière minimale de 2 milliards de FCFA. ETS Mbakam dispose déjà d’un historique avec la CSPH. En 2020, l’entreprise avait remporté le marché relatif à la construction d’une station-service pilote à Nguélémendouka, pour environ 381,58 millions de FCFA. Elle avait ensuite obtenu, en 2021, le marché de modernisation du centre emplisseur de GPL de Maroua, évalué à 371 millions de FCFA. L’entreprise a également décroché des marchés d’un montant plus conséquent auprès d’autres administrations. En février 2025, deux lots portant sur la fourniture et la pose de poteaux en béton lui avaient été attribués par le ministère de l’Eau et de l’Énergie, pour une valeur cumulée de 5,835 milliards de FCFA.

Près de 7,71 milliards FCFA engagés autour du chantier

La construction ne constitue toutefois qu’une partie de la dépense. La CSPH a également désigné le groupement BET.IBR SARL/KAROCH SARL pour assurer la maîtrise d’œuvre et le contrôle des travaux. Cette prestation est évaluée à 574,19 millions de FCFA TTC et doit courir sur 37 mois. En additionnant les deux marchés, l’opération représente donc près de 7,71 milliards de FCFA. Pour les observateurs des finances publiques, cette enveloppe appelle un suivi particulièrement rigoureux. La durée relativement longue du projet impose notamment de surveiller l’évolution des coûts, le respect des délais et la qualité des ouvrages livrés.

La rentabilité future au cœur des interrogations

Au-delà du montant du marché, la principale question demeure celle de la rentabilité de l’actif après extension. La CSPH affirme vouloir accroître la capacité d’accueil du bâtiment et mieux valoriser son patrimoine immobilier. Dans un contexte où les administrations publiques cherchent à optimiser leurs actifs, la réussite du projet dépendra donc de l’utilisation effective des nouveaux espaces et de leur capacité à générer une valeur durable. Le chantier ne pourra cependant pas démarrer immédiatement. Le délai de 36 mois ne commencera à courir qu’après notification de l’ordre de service à ETS Mbakam. Le véritable test sera alors celui de l’exécution : respecter le calendrier, maîtriser les coûts et transformer ces plus de 7 milliards de FCFA d’investissement en un patrimoine immobilier réellement productif.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

10 + 5 = ?
Recharger

Veuillez saisir les caractères affichés dans le CAPTCHA pour vérifier que vous êtes humain.

Bouton retour en haut de la page