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Infrastructures routières : La reconstruction de l’axe Mora-Kousséri au Cameroun entre dans sa phase décisive malgré les défis sécuritaires

Le gouvernement camerounais a officiellement lancé les travaux de reconstruction de la route Mora-Dabanga-Kousséri, un tronçon stratégique de 205 kilomètres situé dans la région de l’Extrême-Nord. Financé intégralement par la Banque mondiale à hauteur de plus de 52 milliards de FCFA, ce projet majeur vise à renforcer les échanges économiques, améliorer la mobilité des populations et consolider la connectivité du corridor Douala-Ndjamena. Sa livraison est attendue en 2028.

Le Cameroun franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son réseau routier avec le démarrage officiel de la reconstruction de la route Mora-Dabanga-Kousséri. La cérémonie de lancement a été présidée par le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, dans la localité de Waza.

Long de 205 kilomètres, cet axe constitue une portion essentielle de la Route Nationale n°1 et joue un rôle déterminant dans les échanges entre le Cameroun et ses voisins de la sous-région. Il représente notamment un maillon clé des corridors Douala-Ndjamena et Douala-Bangui, deux itinéraires stratégiques pour le commerce en Afrique centrale. La réalisation de cette infrastructure s’inscrit dans le cadre du Projet d’amélioration de la connectivité, de la résilience et de l’inclusion dans la région de l’Extrême-Nord (PACRI), conçu pour soutenir le développement économique et social de cette partie du pays.

Le coût global du projet est évalué à près de 52,5 milliards de FCFA. Sur cette enveloppe, plus de 50,5 milliards sont destinés directement aux travaux de construction. L’ensemble du financement est assuré par la Banque mondiale, un engagement qui témoigne de l’importance accordée à cette infrastructure pour le développement régional. Lors de la cérémonie de lancement, le ministre des Travaux publics a salué l’accompagnement de l’institution financière internationale. Il a également mis en avant les efforts déployés par les autorités camerounaises pour mobiliser les ressources nécessaires à la concrétisation de ce projet dans un contexte particulièrement complexe.

Afin d’optimiser l’exécution des travaux, le projet a été subdivisé en cinq sections distinctes. Cette approche permettra une meilleure coordination des interventions et un suivi plus efficace de l’avancement des travaux. Les différents lots couvrent les segments Mora-Tchakamari, Tchakamari-Waza, Waza-Zigagué, Zigagué-Kabo avec le pont de Tildé, ainsi que la section Tildé-Kousséri. À ces travaux s’ajoute la réalisation d’une voie de contournement de 7,5 kilomètres dans la ville de Kousséri. Plusieurs entreprises nationales et internationales ont été retenues pour conduire les travaux. À terme, la nouvelle route offrira des conditions de circulation nettement améliorées grâce à une chaussée répondant aux standards actuels et conçue pour une vitesse de référence de 80 km/h.

Bien avant le lancement officiel, certaines opérations avaient déjà démarré. C’est notamment le cas de la section Mora-Tchakamari, longue de 22 kilomètres, dont les travaux affichent un niveau d’exécution supérieur à 86 %.

Cette première phase, engagée depuis avril 2024, devrait être achevée au cours de l’année 2026. Elle constitue la première étape d’un vaste programme destiné à assurer une continuité routière moderne entre le nord et le sud du pays. Au-delà de la reconstruction de la route principale, le projet prévoit également l’aménagement de près de 200 kilomètres de routes communales ainsi que la réalisation d’infrastructures connexes destinées à améliorer les conditions de vie des populations riveraines.

La mise en œuvre du projet intervient dans une zone confrontée depuis plusieurs années à des défis sécuritaires liés aux activités des groupes armés dans l’Extrême-Nord. Conscient de cet enjeu, le gouvernement a mis en place un important dispositif de protection afin de garantir la continuité des travaux. Selon les autorités, les forces de défense et de sécurité assurent une présence permanente le long du corridor concerné. Cette mobilisation vise à sécuriser les chantiers, les bases-vie des entreprises et les équipes techniques chargées de la supervision des travaux. L’objectif affiché est de permettre une exécution sans interruption du projet jusqu’à son achèvement prévu au plus tard le 1er octobre 2028.

Au-delà de son importance pour les populations locales, la route Mora-Dabanga-Kousséri représente un investissement stratégique pour l’économie camerounaise et sous-régionale. En facilitant le transport des marchandises et la circulation des personnes, elle contribuera à renforcer les échanges commerciaux entre le Cameroun, le Tchad et la République centrafricaine. À terme, cette infrastructure devrait également accroître l’attractivité économique de l’Extrême-Nord, favoriser les activités agricoles et commerciales, et consolider le rôle du Cameroun comme plateforme logistique majeure en Afrique centrale.

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