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Jeunesse africaine : Le moral économique se redresse, mais les inquiétudes persistent

Après plusieurs années marquées par l’inflation et la dégradation du pouvoir d’achat, les jeunes Africains affichent un regain de confiance dans les perspectives économiques de leur pays. Cette amélioration, révélée par l’African Youth Survey 2026, reste toutefois très inégale selon les marchés et demeure fortement conditionnée par l’accès à l’emploi.

Le pessimisme économique recule chez les jeunes Africains. En 2026, 45 % des 18-24 ans interrogés considèrent que leur économie nationale évolue dans une direction favorable, contre seulement 26 % deux ans auparavant. Dans le même temps, la proportion de jeunes se déclarant optimistes ou enthousiastes pour l’avenir de leur pays atteint 51 %, contre 35 % en 2024. L’enquête, menée en mars par PSB Insights pour l’Ichikowitz Family Foundation auprès de 4 901 jeunes dans 16 pays, traduit un changement notable de perception. Celui-ci intervient alors que la croissance africaine se raffermit et que les tensions inflationnistes commencent à se détendre. Pour plusieurs économistes, cette évolution suggère que les indicateurs macroéconomiques finissent par influencer le moral des ménages, même si le ressenti demeure en retard sur les statistiques.

Le marché du travail apparaît comme le véritable point de bascule. Dans les pays où la crainte du chômage diminue fortement, l’optimisme progresse également. L’Éthiopie, la Zambie et le Ghana illustrent particulièrement cette dynamique. À l’inverse, les économies incapables de transformer la croissance en opportunités professionnelles continuent d’alimenter la défiance. Au Kenya, 67 % des jeunes interrogés placent ainsi le manque d’emplois parmi leurs principales préoccupations. « La croissance n’améliore le moral que lorsqu’elle devient visible dans la vie quotidienne », analyse un cadre économique. Pour lui, l’évolution de l’emploi, des revenus réels et du coût des biens essentiels constitue désormais le principal test de crédibilité des politiques économiques.

Derrière la moyenne continentale se cache une forte divergence. Le Burkina Faso arrive en tête avec 83 % de jeunes estimant que l’économie va dans la bonne direction, devant le Rwanda et la Somalie, à 79 %, ainsi que le Ghana, à 72 %. À l’opposé, le Mozambique, le Kenya, le Tchad, le Nigeria et l’Afrique du Sud enregistrent des niveaux élevés de défiance. Ces écarts montrent que l’amélioration du contexte continental ne produit pas automatiquement les mêmes effets dans chaque pays.

Le regain d’optimisme ne signifie donc pas la disparition des difficultés. La cherté de la vie demeure le principal événement ayant marqué les cinq dernières années pour 27 % des répondants. Par ailleurs, la proportion de jeunes ouvertement pessimistes atteint 12 %, son niveau le plus élevé depuis 2020. Pour les économistes, le défi consiste désormais à convertir l’amélioration des grands équilibres en progrès tangibles : davantage d’emplois, des revenus plus dynamiques et une inflation mieux maîtrisée. Sans cette transmission vers les ménages, l’embellie du moral pourrait rester fragile.

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