A la UneBanques

Marché financier : Access Bank Cameroon digitalise l’accès aux titres publics de la Cemac

Access Bank Cameroon veut accélérer la démocratisation de l’investissement en valeurs mobilières avec Access Invest, une plateforme numérique lancée le 11 août 2026 à Douala. Destinée à ses particuliers comme à ses entreprises et investisseurs institutionnels, cette solution permet notamment d’effectuer des opérations sur les titres publics émis dans la Cemac. Une initiative qui pourrait contribuer à dynamiser un marché secondaire encore largement marqué par les procédures traditionnelles.

Le marché financier camerounais franchit une nouvelle étape dans sa transformation numérique. Access Bank Cameroon vient de mettre en service Access Invest, une plateforme destinée à permettre à ses clients d’accéder plus simplement aux instruments financiers disponibles sur le marché secondaire des titres publics. L’outil cible aussi bien les particuliers que les PME, les grandes entreprises et les investisseurs institutionnels. Depuis leur espace numérique, les utilisateurs peuvent notamment consulter les titres disponibles, acheter ou vendre des valeurs mobilières, suivre leur portefeuille et accéder aux documents liés à la détention de leurs titres. Pour les clients de la banque, l’enjeu est donc de déplacer une partie du parcours d’investissement vers le numérique. L’ouverture et la gestion du compte-titres ainsi que l’initiation des transactions doivent progressivement pouvoir être effectuées à distance.

Access Invest donne accès aux Bons du Trésor assimilables (BTA) et aux Obligations du Trésor assimilables (OTA) émis par les six États de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. Cette orientation n’est pas anodine. Les titres publics constituent aujourd’hui l’un des principaux compartiments du marché financier régional. Ils permettent aux États de mobiliser des ressources pour financer leurs déficits et leurs investissements, tout en offrant aux investisseurs des possibilités de placement. Selon des cadres économiques interrogés sur cette évolution, la digitalisation peut surtout agir sur trois freins : la complexité des démarches, le manque d’information des petits investisseurs et la faible fluidité du marché secondaire. En réduisant les étapes administratives et en améliorant la visibilité sur les placements, une plateforme de ce type peut contribuer à élargir progressivement la base des investisseurs.

L’ambition d’Access Bank Cameroon dépasse toutefois la simple mise en ligne d’un service bancaire. La banque souhaite participer au développement du marché secondaire des titres publics, où les investisseurs peuvent revendre des titres avant leur échéance.Pour les analystes, c’est précisément sur ce terrain que se situe l’un des principaux enjeux. Un marché primaire dynamique, alimenté par les émissions des États, ne suffit pas à garantir un marché financier profond. Il faut également que les investisseurs puissent acheter et céder facilement leurs titres, avec suffisamment de transparence et de liquidité. La numérisation pourrait ainsi réduire les frictions opérationnelles et renforcer la confiance. Elle ne résoudra cependant pas à elle seule les questions de liquidité, de rendement, de risque souverain ou d’appétit des investisseurs. Le développement du marché dépendra également de la capacité des intermédiaires financiers à multiplier les transactions et à mieux vulgariser les produits disponibles.

Access Bank Cameroon entend par ailleurs renforcer sa présence sur ce segment. La banque travaille avec des sociétés de bourse et des gestionnaires d’actifs et mène des démarches pour obtenir le statut de spécialiste en valeurs du Trésor (SVT) auprès de la Banque des États de l’Afrique centrale. Cette perspective pourrait donner une portée supplémentaire à son initiative. Elle traduirait la volonté de la banque de ne pas seulement distribuer des produits financiers, mais de s’inscrire davantage dans l’animation du marché régional.

Avec Access Invest, Access Bank Cameroon mise donc sur un double mouvement : rapprocher les titres publics des investisseurs et moderniser les mécanismes qui permettent de les négocier. Pour les économies de la Cemac, l’enjeu est important. Une participation plus large des investisseurs privés au financement des États pourrait, à terme, contribuer à renforcer la profondeur du marché régional et à diversifier les sources de financement des politiques publiques.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

6 - 3 = ?
Recharger

Veuillez saisir les caractères affichés dans le CAPTCHA pour vérifier que vous êtes humain.

Bouton retour en haut de la page