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Mobilité électrique : Spiro prépare 18 nouvelles stations de recharge pour soutenir l’essor de ses motos électriques

Après onze mois de présence sur le marché camerounais, Spiro entend densifier son infrastructure de recharge. L’entreprise pourrait ouvrir 18 nouvelles stations en août, dont 10 à Douala et 8 à Yaoundé. Cette extension doit accompagner la montée en puissance de ses ventes, alors que le constructeur vise plusieurs milliers de véhicules électriques sur le marché national.

Le déploiement annoncé ferait passer le nombre de stations de recharge exploitées par Spiro de 21 à 39 au Cameroun. La priorité accordée aux deux principales métropoles du pays traduit une logique commerciale : concentrer les infrastructures là où la demande de mobilité urbaine est la plus importante, avant d’élargir progressivement la couverture aux autres régions. Pour les utilisateurs, l’enjeu dépasse la simple disponibilité d’un point de recharge. L’autonomie des batteries et la facilité d’accès aux stations constituent encore des facteurs déterminants dans l’adoption des véhicules électriques. En renforçant son maillage, Spiro cherche donc à réduire l’une des principales barrières psychologiques et pratiques à l’achat.

L’entreprise affirme avoir déjà assemblé plus de 800 motos dans son unité de Ndogsimbi, à Douala. L’usine, qui emploie une soixantaine de jeunes Camerounais, disposerait d’une capacité quotidienne de 50 motos. Environ 500 engins auraient déjà été mis en circulation depuis le lancement des activités locales. Pour les économistes, cette implantation industrielle présente un intérêt au-delà du marché des deux-roues. Elle contribue à créer une première chaîne de valeur autour de la mobilité électrique : assemblage, maintenance, recharge, distribution et services associés. « Le véritable enjeu économique sera la capacité à transformer les investissements dans les infrastructures en activité durable et en emplois », analyse un cadre économique interrogé sur l’évolution du secteur.

La dynamique commerciale s’est notamment accélérée avec l’accord conclu avec Motozone pour l’acquisition de 1 000 motos électriques Spiro 450 M1 V2. Ce type de partenariat permet au constructeur de s’appuyer sur un réseau de distribution déjà implanté tout en accélérant la diffusion de ses modèles. L’objectif affiché reste cependant ambitieux : atteindre 20 000 motos électriques en circulation sur le territoire national. Pour y parvenir, Spiro devra progressivement sortir du seul axe Douala-Yaoundé et consolider sa présence dans d’autres bassins de consommation.

Le développement du réseau constitue toutefois un investissement lourd. Chaque nouvelle station implique des dépenses d’installation, d’exploitation et de maintenance. La viabilité du modèle dépendra donc du nombre de véhicules effectivement utilisés et de la fréquence des recharges. L’équation économique est claire : plus le parc électrique augmente, plus les stations peuvent être rentabilisées ; mais sans un réseau suffisamment dense, l’adoption des motos reste freinée. Spiro devra ainsi maintenir un équilibre entre vitesse d’expansion, accessibilité des services et maîtrise des coûts.

À terme, l’entreprise envisage également une diversification vers les voitures électriques et ambitionne d’installer jusqu’à 300 stations opérationnelles. Si ces objectifs se concrétisent, Spiro pourrait contribuer à faire émerger au Cameroun un véritable écosystème de mobilité électrique, avec des effets potentiels sur l’emploi, les importations de carburants et les nouvelles activités liées à l’énergie et aux services automobiles.

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