A la UneAgribusiness

Produits forestiers non ligneux : Le miel africain cherche sa place sur le marché mondial

Portée par l’essor de l’apiculture en Afrique de l’Est, la production de miel progresse régulièrement sur le continent. Mais malgré un potentiel reconnu et une demande mondiale en hausse pour les produits naturels, l’Afrique peine encore à transformer sa capacité de production en véritable puissance exportatrice.

L’apiculture africaine gagne progressivement du terrain dans les économies rurales. Longtemps considérée comme une activité traditionnelle pratiquée dans les zones forestières et boisées, la filière miel s’impose désormais comme une source de revenus non négligeable pour des milliers de familles à travers le continent.

Selon les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Afrique a produit plus de 255 000 tonnes de miel naturel en 2024. Ce volume représente près de 13 % de la production mondiale, estimée à environ 1,98 million de tonnes. Une performance qui place le continent au quatrième rang mondial derrière l’Asie, l’Europe et l’Amérique. Cette dynamique repose en grande partie sur l’Afrique de l’Est, devenue le principal moteur de la filière apicole africaine. La région

Avec près de 86 000 tonnes produites en 2024, l’Éthiopie domine largement le marché africain du miel. Le pays dispose d’un cheptel apicole impressionnant de plus de 10 millions de ruches, dont environ 7 millions sont actuellement exploitées. Les autorités éthiopiennes misent fortement sur la structuration du secteur grâce à une stratégie nationale de développement couvrant la période 2024-2032. Derrière Addis-Abeba, la Tanzanie occupe la deuxième place avec environ 32 000 tonnes, suivie par l’Angola, l’Ouganda et le Kenya. D’autres pays comme le Maroc, Madagascar, le Rwanda, le Sénégal, l’Algérie ou encore l’Égypte participent également à l’essor de la production continentale, bien que dans des proportions plus modestes.

Malgré cette montée en puissance, le continent reste peu visible sur le commerce international du miel. En 2024, les exportations africaines n’ont représenté qu’un peu plus de 5 600 tonnes pour des recettes estimées à 14,2 millions de dollars. À l’échelle mondiale, le contraste est saisissant : les échanges internationaux de miel dépassent les 828 000 tonnes pour une valeur avoisinant 2,3 milliards de dollars. Cette faible présence africaine s’explique notamment par le caractère encore artisanal de la filière. Le manque d’infrastructures modernes, l’insuffisance des systèmes de certification et les difficultés de contrôle qualité freinent l’accès aux marchés les plus exigeants, notamment européens.

Les spécialistes estiment toutefois que le miel africain dispose d’atouts importants. Une grande partie de la production provient de zones peu exposées aux produits chimiques agricoles, ce qui réduit fortement la présence de résidus d’antibiotiques ou de métaux lourds. Dans un marché mondial de plus en plus tourné vers les produits naturels, biologiques et traçables, cet avantage pourrait permettre aux producteurs africains de mieux se positionner à l’exportation.

Pour y parvenir, plusieurs défis restent à relever : professionnalisation des apiculteurs, modernisation des équipements, renforcement des coopératives et amélioration des capacités de transformation. Autant de leviers qui pourraient permettre à l’Afrique de transformer son potentiel apicole en véritable moteur de croissance rurale.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

10 * 4 = ?
Recharger

Veuillez saisir les caractères affichés dans le CAPTCHA pour vérifier que vous êtes humain.

Bouton retour en haut de la page