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Sécurité alimentaire : La pomme de terre confirme son statut de culture stratégique en Afrique

Longtemps considérée comme une culture secondaire face aux grandes céréales, la pomme de terre s’impose désormais comme l’un des piliers de l’alimentation africaine. Avec une production continentale dépassant les 34 millions de tonnes en 2024, ce tubercule joue un rôle croissant dans la sécurité alimentaire, l’emploi rural et les exportations agricoles. L’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Est dominent largement le secteur, avec six pays qui concentrent l’essentiel de la production continentale.

À mesure que la population africaine augmente et que les villes se développent, la demande en produits alimentaires à forte valeur énergétique progresse rapidement. Dans ce contexte, la pomme de terre s’est imposée comme une ressource stratégique grâce à son rendement élevé, sa polyvalence culinaire et son accessibilité pour les consommateurs. Selon les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Afrique a produit près de 34,2 millions de tonnes de pommes de terre en 2024, soit environ 9 % de la récolte mondiale. Derrière ce chiffre se cachent toutefois d’importantes disparités régionales, avec une concentration de la production dans quelques pays seulement.

Avec plus de 8 millions de tonnes récoltées en 2024, l’Égypte conserve sa place de premier producteur africain. Les terres fertiles du delta du Nil constituent le cœur de cette production qui alimente aussi bien le marché intérieur que les exportations. Le pays a réussi à bâtir une industrie compétitive à l’échelle internationale. Une part significative de sa récolte est destinée aux marchés étrangers, permettant à l’Égypte de figurer parmi les principaux exportateurs mondiaux du tubercule. Cette double vocation, alimentaire et commerciale, fait de la filière un secteur clé de l’économie agricole nationale.

Derrière l’Égypte, l’Algérie et l’Éthiopie affichent des volumes de production comparables, respectivement autour de 4,5 millions et 4,1 millions de tonnes. En Algérie, la pomme de terre est devenue un produit incontournable du panier alimentaire des ménages. L’essentiel de la production est absorbé par le marché national, où la demande reste particulièrement élevée. L’Éthiopie suit une trajectoire similaire. Portée par la croissance démographique et l’évolution des habitudes alimentaires, la consommation de produits dérivés tels que les chips et les frites stimule la production locale. Malgré son poids agricole, le pays demeure peu présent sur les marchés internationaux, privilégiant avant tout l’approvisionnement domestique.

Avec une récolte de 2,6 millions de tonnes, l’Afrique du Sud se distingue par la performance de son agriculture. Alors que les superficies cultivées restent relativement limitées comparativement à certains concurrents africains, les investissements dans l’irrigation, les semences améliorées et les exploitations commerciales permettent d’obtenir des rendements élevés. Cette efficacité se traduit également par une présence remarquée sur les marchés extérieurs. Le pays figure parmi les principaux exportateurs africains de pommes de terre, contribuant au rayonnement régional de sa filière agricole.

Le Maroc et le Kenya ferment la marche de ce groupe des grands producteurs avec des récoltes supérieures à 2 millions de tonnes chacune.

Au Maroc, la culture de la pomme de terre occupe une place centrale dans les productions maraîchères. Les principales zones agricoles du royaume bénéficient de conditions climatiques favorables qui soutiennent une production régulière essentiellement destinée aux consommateurs locaux. Le Kenya représente quant à lui la principale puissance de la filière en Afrique de l’Est après l’Éthiopie. Le secteur repose majoritairement sur de petites exploitations familiales qui assurent l’essentiel de l’approvisionnement national. La hausse continue de la demande urbaine favorise l’expansion de la production, tandis que les exportations progressent régulièrement vers les marchés régionaux.

Au-delà de ces six leaders, de nombreux pays africains cherchent à développer leur production afin de réduire leur dépendance aux importations alimentaires et de renforcer leur résilience face aux crises climatiques et économiques.

Grâce à ses qualités nutritionnelles, à son cycle de production relativement court et à sa capacité d’adaptation à différents environnements, la pomme de terre apparaît aujourd’hui comme l’un des leviers les plus prometteurs pour renforcer la sécurité alimentaire du continent. Les performances enregistrées par les principaux producteurs africains démontrent que cette culture pourrait jouer un rôle encore plus déterminant dans les années à venir, tant pour nourrir les populations que pour générer des revenus agricoles et des recettes d’exportation.

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