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Zina-Makary : La SNH prépare le retour d’un projet pétrolier gelé depuis plus de dix ans

Dans l’Extrême-Nord camerounais, la Société nationale des hydrocarbures veut rouvrir le dossier du bloc pétrolier de Zina-Makary, paralysé depuis 2014 par l’insécurité. La possible levée du régime de force majeure pourrait relancer l’exploration dans le bassin de Logone Birni, une zone considérée comme stratégique pour le renouvellement des réserves nationales.

Une relance qui marque un changement de capAprès une longue parenthèse imposée par les tensions sécuritaires, le bloc pétrolier de Zina-Makary pourrait retrouver de l’activité. La SNH a annoncé, dans sa publication consacrée à son bilan 2024, la tenue prochaine d’un comité d’opérations spécial chargé d’examiner la levée de la force majeure appliquée au site depuis mai 2014. Cette initiative ouvre une nouvelle perspective pour l’amont pétrolier camerounais. Si la décision aboutit, elle remettrait en mouvement un projet laissé en sommeil pendant plus d’une décennie et enverrait un signal positif aux investisseurs, dans un secteur où la recherche de nouvelles réserves devient de plus en plus cruciale.

Le bloc de Zina-Makary s’inscrit dans le vaste bassin de Logone Birni, à l’Extrême-Nord, qui s’étend sur près de 27 000 km². Cette zone figure depuis plusieurs années parmi les espaces les plus prometteurs du domaine pétrolier national. Une partie de ce bassin, soit plus de 8 500 km², avait été confiée à l’entreprise chinoise Yan Chang dans le cadre d’un contrat de partage de production signé avec l’État camerounais en 2009. L’accord portait sur les travaux de recherche et d’exploration dans les secteurs de Zina et de Makary, avec l’ambition de confirmer le potentiel géologique de cette région frontalière.

Le coup d’arrêt de 2014 trouve son origine dans la dégradation du climat sécuritaire dans l’Extrême-Nord. À cette période, les attaques répétées de Boko Haram avaient profondément bouleversé l’environnement opérationnel, poussant les autorités et les partenaires à suspendre les travaux. Cette situation avait eu des effets bien au-delà du seul bloc de Zina-Makary. La SNH avait déjà reconnu que l’instabilité dans certaines zones sensibles, notamment dans l’Extrême-Nord et le Sud-Ouest, avait freiné la mise en œuvre de ses ambitions de développement et ralenti la promotion de nouveaux permis auprès des investisseurs étrangers, souvent réticents face aux risques.

La possible reprise des opérations intervient dans un contexte où le renouvellement des réserves devient un défi stratégique. Le Cameroun reste en effet dépendant de champs vieillissants, dont les rendements s’érodent progressivement. Avant la suspension, les premiers indices recueillis dans la zone étaient jugés encourageants. Les résultats d’un forage initial avaient nourri l’espoir de découvertes plus significatives, au point d’inscrire Zina-Makary parmi les priorités d’exploration au début des années 2010.

Aujourd’hui, la levée de la force majeure pourrait redonner de l’élan à cette ambition. Au-delà de la reprise des travaux sur le terrain, elle symboliserait le retour progressif de la confiance dans une région longtemps pénalisée par les contraintes sécuritaires. Pour le Cameroun, l’enjeu dépasse la seule relance d’un bloc : il s’agit de préparer l’après-champs matures et de préserver, dans la durée, la contribution du pétrole aux finances publiques.

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