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Souveraineté industrielle : Le groupe de Fotso Jean II lance un vaste projet de 25 000 hectares à Yoko

Face à un déficit structurel de production d’huile de palme, SCS ALID engage un investissement massif dans la région du Centre. L’initiative vise à réduire les importations, soutenir l’industrialisation et dynamiser l’économie locale.

Le secteur de l’huile de palme au Cameroun reste marqué par un déséquilibre chronique entre l’offre nationale et les besoins industriels. La demande annuelle avoisine les 250 000 tonnes, tandis que la production locale plafonne autour de 150 000 tonnes. Cette insuffisance structurelle oblige les industriels à recourir aux importations, fragilisant la balance commerciale et exposant le marché aux fluctuations internationales.

Pour répondre à cette situation, la société SCS ALID, adossée au groupe Fotso Jean II, a engagé un projet de développement de 25 000 hectares de palmeraies dans le Mbam-et-Kim. Formalisé à travers un accord signé avec les autorités publiques en mars 2026, ce programme bénéficie d’un accompagnement institutionnel visant à faciliter l’accès au foncier et l’implémentation opérationnelle. L’investissement global est estimé à près de 39,4 milliards FCFA, avec le soutien de partenaires financiers régionaux tels que la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale. Il comprend à la fois l’aménagement agricole et la mise en place d’unités industrielles de transformation.

Les premières productions sont envisagées après six années de mise en culture, avec un potentiel initial de 60 000 tonnes. À maturité, la production pourrait atteindre plus de 200 000 tonnes, contribuant ainsi de manière significative à la réduction des importations, estimée à près de 40 %. Au-delà de l’impact sur l’offre nationale, le projet devrait générer plusieurs milliers d’emplois directs et indirects. Il constitue également un levier de développement pour les communautés locales, en stimulant les activités agricoles et para-agricoles.

Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large d’intégration industrielle du groupe, déjà engagé dans la transformation des oléagineux. Elle accompagne notamment la montée en puissance de ses capacités de raffinage, renforçant la sécurisation des approvisionnements. Par ailleurs, les promoteurs annoncent l’adoption de standards environnementaux exigeants, incluant la préservation des écosystèmes, la gestion durable des ressources hydriques et des actions de reboisement.

Le projet de Yoko intervient dans un contexte où le Cameroun ambitionne d’accroître fortement sa production d’huile de palme à l’horizon 2030. En combinant investissements privés, soutien public et financements régionaux, cette initiative illustre une nouvelle dynamique dans le secteur agricole. Elle traduit surtout une volonté croissante de renforcer la souveraineté alimentaire du pays, tout en positionnant les acteurs locaux comme moteurs de transformation économique durable.

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