Finance internationale : L’AIIB déploie 10 milliards de dollars pour soutenir les économies fragilisées par la crise au Moyen-Orient
Face aux secousses provoquées par la guerre au Moyen-Orient sur les marchés mondiaux de l’énergie, du transport et des denrées alimentaires, la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures met en place une enveloppe exceptionnelle de 10 milliards de dollars. Cette initiative vise à aider les pays membres les plus exposés à absorber les conséquences économiques du conflit tout en préservant leurs programmes de développement.

La montée des tensions au Moyen-Orient continue de produire des répercussions bien au-delà de la région. Hausse des prix du pétrole, augmentation des coûts logistiques et pression sur les importations alimentaires mettent de nombreux pays en difficulté, particulièrement ceux dépendants des marchés extérieurs pour leur approvisionnement énergétique.
Dans ce contexte, la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures, connue sous l’acronyme AIIB, a annoncé la création d’un mécanisme financier de 10 milliards de dollars destiné à soutenir ses États membres confrontés aux conséquences économiques du conflit. Cette facilité spéciale, prévue sur une période de deux ans, portera principalement sur trois priorités : la sécurité énergétique, l’approvisionnement alimentaire et le renforcement de la résilience économique.
L’institution basée à Pékin entend intervenir rapidement grâce à des mécanismes de décaissement accéléré. Les fonds pourront servir à financer des importations stratégiques, soutenir les budgets publics ou encore renforcer la trésorerie des entreprises touchées par les perturbations du commerce international.
L’AIIB prévoit également d’apporter un appui aux sociétés engagées dans des projets d’infrastructures ainsi qu’aux intermédiaires financiers confrontés à des tensions de liquidité. L’objectif est d’éviter des ruptures d’activités dans des secteurs jugés essentiels pour les économies concernées. Pour le président de la banque, Zou Jiayi, cette initiative doit permettre aux pays membres de faire face aux effets immédiats de la crise tout en consolidant leurs capacités de résistance à long terme.
Afin d’amplifier l’impact de ce programme, l’AIIB travaillera en coordination avec plusieurs partenaires internationaux, notamment les banques multilatérales de développement et le Fonds monétaire international. Cette coopération vise à mobiliser davantage de ressources et à harmoniser les réponses apportées aux économies vulnérables. Créée en 2015 sous l’impulsion de la Chine, l’AIIB s’est progressivement imposée comme un acteur majeur du financement des infrastructures dans les pays émergents. L’institution compte aujourd’hui 111 membres à travers le monde, dont plusieurs États africains.
Sur le continent africain, la banque a déjà participé au financement de projets dans les domaines du transport, de l’énergie et des services urbains. En Égypte, elle a soutenu des infrastructures de mobilité et une émission obligataire durable. Au Rwanda, elle a contribué à des programmes d’accès à l’électricité à travers des solutions solaires domestiques. En Afrique du Sud, elle accompagne également des projets de modernisation urbaine. Avec cette nouvelle facilité financière, l’AIIB confirme sa volonté de renforcer son rôle dans la gestion des crises économiques mondiales, tout en consolidant l’influence croissante de Pékin dans les institutions financières internationales.



