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Marché monétaire : Le Cameroun capte 144,25 milliards FCFA sur le marché de la BEAC et confirme sa stratégie de refinancement

Le Trésor camerounais a réussi une nouvelle opération de levée de fonds sur le marché des titres publics de la BEAC, mobilisant 144,25 milliards de FCFA sur un objectif initial de 150 milliards. Cette émission d’OTA, structurée par syndication domestique, s’inscrit dans un programme plus large de 580 milliards FCFA attendu au deuxième trimestre 2026, avec une place grandissante accordée aux BTA, révélatrice des arbitrages de trésorerie de l’État.

Le Cameroun poursuit son ballet financier sur le marché des capitaux de la Cemac, avec une nouvelle collecte significative réalisée le 30 mars 2026. À travers une émission d’obligations du Trésor assimilables (OTA) de maturités comprises entre deux et six ans, le pays a pu réunir 144,25 milliards de FCFA, frôlant ainsi l’objectif de 150 milliards visé auprès des investisseurs institutionnels. Cette opération a été menée sous le format de la syndication domestique, un mécanisme désormais bien installé dans l’architecture du financement public régional. Pour cette levée, le syndicat d’arrangeurs était piloté par la filiale camerounaise d’Attijariwafa Bank, aux côtés de Société Générale et d’Ecobank. Une mécanique de précision où chaque banque joue sa partition, comme un orchestre de liquidité au service du Trésor.

Cette émission n’est qu’une pièce d’un puzzle plus vaste. Selon le calendrier des interventions publié par BEAC, le Cameroun prévoit de solliciter 580 milliards de FCFA sur le marché sous-régional d’ici fin juin 2026. Dans le détail, les besoins annoncés s’élèvent à 160 milliards FCFA en avril, 155 milliards en mai et 265 milliards en juin. Le gouvernement alternera entre BTA, aux maturités de quelques semaines à un an, et OTA, étalées jusqu’à 15 ans.

Le calendrier laisse toutefois apparaître une préférence marquée pour les bons du Trésor assimilables. Une large part des montants attendus en avril et en juin devrait provenir de ces instruments de court terme, traditionnellement utilisés pour absorber des tensions passagères de trésorerie. Ce choix traduit une gestion au cordeau des flux budgétaires. Les BTA servent souvent de passerelles financières pour honorer les dépenses immédiates de l’État, qu’il s’agisse des salaires, du règlement de fournisseurs ou du remboursement d’échéances antérieures.

Depuis plusieurs années, Yaoundé affine une stratégie de roulement de dette à court terme, consistant à émettre de nouveaux BTA pour rembourser ceux arrivés à maturité. Cette gymnastique financière permet de préserver les ressources fiscales pour les dépenses prioritaires et les investissements structurants. Dans ce théâtre des finances publiques, les OTA jouent un autre rôle : celui du temps long, en finançant les projets de développement. Les BTA, eux, ressemblent davantage à des soupapes budgétaires, discrètes mais vitales au moteur de l’État.

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