Industries extractives : Au Malawi, Kangankunde se prépare à relancer la production africaine de terres rares
Porté par une levée de fonds de 69,3 millions de dollars annoncée par l’australien Lindian Resources, le projet Kangankunde entre dans une phase décisive. Si le calendrier est tenu, le Malawi pourrait accueillir dès fin 2026 la première mine industrielle africaine de terres rares en activité depuis l’arrêt du site de Gakara au Burundi.

Le groupe australien Lindian Resources a enclenché une opération de financement de 100 millions de dollars australiens, soit près de 69,3 millions de dollars américains, afin de soutenir le développement de Kangankunde, son projet phare de terres rares au Malawi. Cette enveloppe doit permettre de boucler les travaux de construction déjà engagés et d’emmener le site vers une entrée en production prévue au quatrième trimestre 2026. L’entreprise mise sur un financement en fonds propres, évitant à ce stade le recours à la dette. Une partie des ressources servira également à finaliser l’étude de faisabilité de la future extension du complexe minier. L’ambition affichée est claire : passer d’une capacité initiale de 20 000 tonnes de concentré à environ 100 000 tonnes à moyen terme.
Le timing joue en faveur du projet. Dans un marché mondial dominé par la Chine, les grandes puissances cherchent activement à diversifier leurs sources d’approvisionnement en métaux critiques, essentiels aux aimants permanents, aux batteries et aux chaînes de valeur de l’électrification. Dans ce contexte, Kangankunde apparaît comme l’un des dossiers les plus avancés du continent. Les États-Unis suivent notamment le projet avec attention, alors que Washington multiplie déjà les initiatives minières en Afrique australe et orientale.
Des discussions exploratoires auraient été engagées avec des responsables américains, même si aucun accord commercial n’a encore filtré. En parallèle, Lindian prépare déjà l’aval industriel. Une unité de transformation des concentrés est en développement au Kazakhstan afin de sécuriser la valorisation de la future production dès les premiers volumes exportés.
Pour le Malawi, l’enjeu dépasse largement la seule mise en exploitation d’un gisement. Le pays pourrait se positionner comme un nouvel acteur africain des minerais stratégiques, dans un secteur qui pèse encore moins de 1 % du PIB national. Au-delà des recettes fiscales attendues, le projet pourrait générer des emplois directs et indirects, tout en stimulant la montée en compétence locale dans l’industrie minière. Reste la question de la participation publique : le cadre légal autorise l’État à prendre gratuitement une part dans les grands projets miniers, mais aucune annonce officielle n’a encore été faite sur une éventuelle entrée au capital.



