Semences cotonnières : La Sodecoton étend son empreinte africaine et vise 600 000 tonnes de production
Portée par la réputation de son matériel végétal, la Société de développement du coton (Sodecoton) renforce sa présence sur le marché africain des semences améliorées. Avec une nouvelle expédition de 1 000 tonnes vers le Kenya pour la campagne 2026-2027, l’entreprise camerounaise totalise plus de 18 500 tonnes exportées en six saisons. Au-delà des volumes, cette percée régionale sert surtout de vitrine stratégique pour soutenir les ambitions de croissance de la filière coton au Cameroun.

La filière coton camerounaise continue de tisser sa toile au-delà des frontières. À l’occasion d’une présentation sectorielle organisée le 31 mars 2026 à Garoua, les responsables de la Sodecoton ont annoncé l’acheminement de 1 000 tonnes de semences améliorées vers le Kenya pour la campagne 2026-2027. Cette nouvelle livraison illustre la montée en puissance d’une activité amorcée depuis la saison 2019-2020. En l’espace de six campagnes, l’entreprise basée dans le septentrion camerounais a déjà écoulé 18 570 tonnes de semences sur cinq marchés africains : le Tchad, le Nigeria, le Ghana, la Côte d’Ivoire et désormais le Kenya. Le mouvement ressemble à une rivière qui, partie du Nord Cameroun, irrigue peu à peu plusieurs bassins cotonniers du continent.
Le succès commercial de ces semences repose avant tout sur leurs performances agronomiques et industrielles. Selon les données communiquées par la société, le matériel végétal mis au point par la Sodecoton permet d’atteindre des rendements de 1 500 à 1 600 kg à l’hectare, contre environ 1 200 kg pour plusieurs variétés concurrentes en circulation sur le marché africain. À cet avantage en champ s’ajoute une fibre longue et de qualité, particulièrement recherchée par les unités d’égrenage. Cette double promesse, productivité pour le cultivateur et qualité pour l’industriel, explique l’intérêt croissant manifesté par les opérateurs régionaux, notamment les filiales d’Olam Group en Côte d’Ivoire et au Tchad, parmi les principaux acheteurs.
Malgré cette dynamique, les exportations de semences ne constituent pas encore un levier financier majeur pour la société. Les responsables de la Sodecoton reconnaissent que les revenus générés restent modestes. L’objectif poursuivi relève davantage du rayonnement stratégique et de la consolidation de la marque camerounaise sur le marché africain des intrants agricoles. Autrement dit, ces ventes servent de carte de visite grandeur nature : chaque cargaison exportée agit comme un passeport de crédibilité pour la filière coton nationale.
Cette reconnaissance régionale intervient au moment où la Sodecoton affiche des objectifs particulièrement ambitieux. Après un sommet de 394 000 tonnes de coton graine en 2023-2024, l’entreprise vise 440 000 tonnes dès la campagne 2026-2027. La trajectoire prévue reste ascendante, avec un cap fixé à 600 000 tonnes à l’horizon 2029-2030, en ligne avec les orientations de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 du Cameroun. Dans un pays où le coton demeure l’un des principaux pourvoyeurs de devises, la performance des semences apparaît ainsi comme la première maille d’une chaîne de valeur appelée à peser davantage dans l’économie nationale.



