Paiements digitaux : Le GIMAC s’allie à Visa pour bâtir un réseau plus intégré en zone CEMAC
Le Groupement interbancaire monétique de l’Afrique centrale (GIMAC) et Visa ont conclu à Yaoundé un protocole d’accord stratégique destiné à accélérer la modernisation des paiements dans la CEMAC. Au cœur de cette alliance : interopérabilité, ouverture internationale des services cartes, digitalisation des paiements publics et essor du commerce électronique.

Une nouvelle étape vient d’être franchie dans la transformation financière de l’Afrique centrale. À Yaoundé, le GIMAC, pilier de l’interopérabilité monétique dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), a officialisé un partenariat avec Visa, géant mondial des paiements numériques. À travers ce protocole d’accord, les deux institutions entendent poser les fondations d’une coopération durable pour renforcer l’architecture régionale des paiements.
L’objectif est clair : rendre les transactions électroniques plus fluides, plus sûres et accessibles à un plus grand nombre d’usagers, qu’il s’agisse des particuliers, des entreprises ou des administrations publiques. Cette collaboration s’inscrit dans un contexte où la région cherche à accélérer la réduction de l’usage du cash, tout en favorisant une circulation plus rapide de l’argent entre banques, fintechs, services publics et opérateurs de mobile money.
Le partenariat ouvre plusieurs chantiers majeurs. D’abord, le renforcement du rôle du GIMAC comme colonne vertébrale des paiements régionaux. Ensuite, l’intégration de nouvelles briques technologiques portées par Visa afin d’élargir l’éventail des services disponibles. Parmi les priorités figurent le développement des paiements marchands, l’essor du e-commerce et la mise en place de solutions adaptées aux paiements dits de nouvelle génération.
Les deux partenaires veulent également favoriser la digitalisation des flux gouvernementaux, un segment stratégique pour moderniser les finances publiques et améliorer la traçabilité des opérations. À terme, cette convergence devrait permettre aux utilisateurs de passer plus facilement d’un moyen de paiement à un autre, entre cartes, portefeuilles mobiles et transferts électroniques, dans un environnement harmonisé à l’échelle sous-régionale.
Pour la direction générale du GIMAC, cette alliance vise aussi à donner une nouvelle profondeur aux services cartes proposés dans la région. L’enjeu est d’offrir davantage de passerelles vers l’international, afin que les porteurs de cartes locaux puissent bénéficier d’une acceptation élargie hors des frontières de la CEMAC. Cette montée en gamme concerne l’ensemble des participants à l’écosystème : Trésors publics, banques commerciales, établissements de microfinance, services postaux, établissements de paiement et fintechs. En renforçant l’acceptation internationale et les usages digitaux, le GIMAC cherche à consolider sa vision d’un système convergent capable de relier carte bancaire, mobile money et transferts instantanés dans un même univers transactionnel.
Au-delà de la performance technologique, l’accord porte une ambition économique plus large : soutenir l’inclusion financière durable. Grâce à son dispositif GIMACPAY, l’institution régionale connecte déjà des dizaines de millions de portefeuilles électroniques actifs, tout en fédérant plusieurs millions de cartes bancaires locales et internationales.
L’arrivée de Visa dans cette dynamique pourrait accélérer la montée en puissance de rails de paiement robustes et évolutifs, capables d’absorber la croissance future des transactions numériques en Afrique centrale. Pour la CEMAC, l’enjeu dépasse la simple modernisation des moyens de paiement. Il s’agit aussi de renforcer l’intégration économique régionale, de stimuler l’innovation financière et de soutenir la formalisation progressive des échanges.



