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CEMAC : La BEAC prévoit un ralentissement économique en 2026 malgré des fondamentaux monétaires solides

La Banque des États de l’Afrique centrale entrevoit une année 2026 plus contrastée pour la CEMAC. Si la croissance devait perdre en vitesse, l’inflation resterait sous contrôle et les réserves de change continueraient de se consolider, renforçant la stabilité du franc CFA. Ces projections ont été présentées lors de la première session annuelle du Comité de politique monétaire tenue à Yaoundé.

Les économies de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale devraient afficher un rythme moins soutenu en 2026. Selon les anticipations de la BEAC, la progression du PIB régional s’établirait à 2,9 %, contre 3,5 % un an plus tôt. Cette inflexion traduit un environnement extérieur devenu plus incertain, sur fond de tensions géopolitiques et de renchérissement des matières premières énergétiques.

La hausse des cours du pétrole peut, à première vue, sembler favorable aux pays exportateurs de la zone comme le Congo, le Gabon ou le Tchad. Pourtant, l’équation est plus subtile : la sous-région continue d’importer massivement des carburants raffinés et du gaz domestique, ce qui alourdit mécaniquement la facture extérieure.

Cette pression sur les coûts énergétiques pourrait rapidement contaminer l’ensemble du tissu productif. Le transport des marchandises devient plus cher, l’approvisionnement industriel se complique et les charges des entreprises augmentent. À cela s’ajoute le risque budgétaire. Les États pourraient voir leurs marges de manœuvre se réduire, avec pour corollaire des retards de paiement envers les fournisseurs publics. Une telle dynamique freinerait l’investissement privé, déjà sensible au climat international.

Sur le volet des prix, la banque centrale reste relativement sereine. L’inflation moyenne est attendue à 2,3 % en 2026, après 2,1 % en 2025, un niveau qui demeure en dessous du plafond communautaire fixé à 3 %.

Le tableau monétaire apparaît même plus rassurant. Les réserves de change devraient progresser pour atteindre l’équivalent de 4,52 mois d’importations, contre 4,22 mois l’année précédente. Cette amélioration renforce le coussin de sécurité extérieur de la zone et consolide la parité du franc CFA. Dans une région où le seuil critique est généralement fixé à trois mois d’importations, cette évolution éloigne le spectre de tensions monétaires majeures et donne à la CEMAC un matelas de stabilité, tel un rempart silencieux face aux bourrasques du commerce mondial.

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