Huile de palme : Avec 9 milliards de FCFA, Opalm lance à Mbanga une nouvelle offensive industrielle

Le paysage agro-industriel du Littoral s’apprête à changer de visage. À Lengue, près de Mbanga, les travaux de construction d’une nouvelle huilerie ont officiellement démarré à la faveur de la pose de la première pierre effectuée le 8 avril par le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobe. Porté par la société Opalm, le projet mobilise un investissement de 9 milliards de FCFA. Une fois achevée, l’usine affichera une capacité annuelle de 25 000 tonnes d’huile de palme, renforçant ainsi les capacités locales de transformation dans l’un des bassins agricoles les plus actifs du pays. Pour les autorités locales, cette implantation représente bien plus qu’un chantier industriel. La commune de Mbanga y voit une opportunité historique d’accélérer son développement économique et de consolider son attractivité auprès d’autres investisseurs.
Au cœur des attentes figure l’impact direct sur les producteurs de noix de palme. Selon les projections d’Opalm, la nouvelle unité devrait permettre aux exploitants du Moungo d’écouler plus facilement leur production, avec des achats annuels estimés à près de 5 milliards de FCFA. Ce mécanisme pourrait fluidifier toute la chaîne de valeur, depuis les plantations villageoises jusqu’à la transformation industrielle. En parallèle, 340 emplois sont annoncés, entre postes directs sur le site et activités induites autour du transport, de la maintenance et de la logistique. L’effet multiplicateur attendu ressemble à une onde concentrique dans l’économie locale : davantage de débouchés pour les planteurs, plus de revenus dans les ménages ruraux, et une montée en puissance des services périphériques.
L’initiative du Moungo s’inscrit dans une stratégie plus vaste. Opalm prévoit également de déployer son cahier de charges dans le Nyong-et-Kellé, autre zone majeure de production, tout en lançant l’extension de l’usine de la Socapalm à Eseka, récemment passée sous son contrôle. Sur ce second site, un investissement supplémentaire d’environ 8 milliards de FCFA doit permettre de faire bondir la capacité de transformation de 7 000 à 25 000 tonnes par an. Cette montée en régime vise à créer un maillage industriel plus dense au plus près des bassins de production.
À travers ce programme, Opalm ambitionne la construction de cinq usines en cinq ans, pour un volume d’investissement cumulé évalué à 45 milliards de FCFA. L’objectif affiché est d’augmenter l’offre nationale de plus de 100 000 tonnes d’huile de palme. Cette progression devrait contribuer à résorber près de la moitié du déficit structurel du marché local, encore largement comblé par les importations. Dans un pays où la balance commerciale reste sous pression, la filière apparaît comme un terrain privilégié de la politique d’import-substitution.
Pour le gouvernement, ce type d’investissement joue un double rôle : soutenir la modernisation agricole et réduire les sorties de devises. Dans un contexte marqué par un déficit commercial de 2 145,2 milliards de FCFA en 2025, la transformation locale des matières premières devient un levier stratégique, presque une digue économique face à la dépendance extérieure.



