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Crise énergétique dans le Grand Nord : La solution qui vient de Mbakaou

À Mbakaou, premier barrage hybride, le Cameroun entend affirmer sa souveraineté énergétique nationale et sous-régionale. Grâce à une capacité attendue de 54 MW pour la centrale amont au pied du barrage réservoir actuel, 234 MW pour la grande centrale à l’aval et 111 MW pour la centrale photovoltaïque, soit environ 400 MW au total. Le cap est désormais mis sur la sécurisation de l’approvisionnement du réseau interconnecté Nord, la réduction de la dépendance au thermique, l’intégration progressive du solaire et l’exportation de l’énergie électrique dans la sous-région.

Porté par Electricity Development Corporation, Mbakaou représente une avancée majeure dans la politique énergétique du Cameroun. Dans un contexte où le pays, selon la SND 30, veut porter à 5 000 MW la capacité énergétique installée à l’horizon 2030, contre environ 2 000 MW actuellement. Cette infrastructure, même si elle va renforcer la prédominance de l’hydroélectricité dans le mix énergétique, permettra également au solaire de monter en puissance avec une première centrale atteignant 100 MW de capacité.

Alors que les études de faisabilité ont été confiées il y a deux ans au cabinet français ISL. Le projet en gestation affiche des avantages stratégiques indéniables. Au-delà de la proximité immédiate du barrage réservoir ; des impacts environnementaux et sociaux qui sont limités grâce à l’infrastructure préexistante. Il faut noter la proximité du poste RIS-RIN (Réseau interconnecté Sud-Réseau interconnecté Nord) de Tibati (environ 40 Km), lequel est crucial pour la distribution.

De plus, le projet de Mbakaou contribuera à sécuriser l’approvisionnement du pays et particulièrement le Grand Nord en électricité, soutenir le développement économique régional et créer des emplois locaux et nationaux.

Sur le plan climatique, et sur la base des calculs d’experts, la construction du barrage Mbakaou permettra de réduire les émissions de gaz carbonique d’au moins 67 000 tonnes à l’horizon 2030 du fait de l’arrêt des centrales thermiques de Tibati, de Ngaoundal et de la ville éponyme. D’ailleurs, Selon la banque mondiale, le Cameroun produit environ 8,62 millions de tonnes de CO2 annuellement.

Hors de sa portée nationale, cette infrastructure stratégique permettra également d’envisager à terme l’exportation de l’électricité vers le Tchad voisin et même vers le Nigeria, consolidant ainsi le rôle du Cameroun comme hub énergétique sous-régional.

Pour rappel, du 13 au 15 septembre 2025, le Directeur Général d’Electricity Development Corporation (EDC), Dr Théodore Nsangou, avait conduit une mission de terrain sur le site du barrage-réservoir de Mbakaou, région de l’Adamaoua. Sur place, il était question d’apprécier les avancées des études et préparer les prochaines étapes, visiter les sites devant abriter les deux centrales, dialoguer avec les communautés locales et les autorités administratives pour asseoir l’acceptabilité du projet et ressortir les retombées socio-économiques, renforcer la transparence et l’adhésion autour de ce projet stratégique pour l’Adamaoua et le Cameroun, puis confronter les données d’études avec les réalités du terrain.

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