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Transition énergétique : L’Afrique subsaharienne risque de dépasser le milliard de personnes exclues d’ici 2027

Malgré une mobilisation internationale et la multiplication des politiques publiques en faveur de l’énergie domestique propre, l’Afrique subsaharienne demeure le principal foyer mondial de précarité énergétique liée à la cuisson. Près de 970 millions d’habitants y dépendent encore du bois, du charbon ou d’autres combustibles polluants pour préparer leurs repas, une situation qui menace aussi bien la santé publique que le développement économique de la région.

L’accès à l’électricité n’est plus l’unique défi énergétique du continent africain. La cuisson propre s’impose désormais comme l’une des plus importantes urgences de développement. Selon les dernières données de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’Afrique subsaharienne concentre à elle seule près de la moitié du déficit mondial en matière d’accès aux technologies de cuisson non polluantes. En 2024, près de 970 millions de personnes dans la région utilisaient encore principalement le bois de chauffe, le charbon de bois ou d’autres combustibles traditionnels. Plus préoccupant encore, le nombre de personnes privées de solutions modernes continue d’augmenter d’environ 14 millions chaque année, sous l’effet d’une croissance démographique particulièrement soutenue.

La situation contraste fortement avec celle observée dans plusieurs pays asiatiques. Au cours des quinze dernières années, des économies comme l’Inde, la Chine ou encore l’Indonésie ont réalisé des avancées majeures grâce à des politiques publiques ambitieuses, des programmes de subventions et des investissements massifs dans les infrastructures énergétiques. À l’échelle mondiale, les trois quarts de la population utilisent désormais des solutions de cuisson propres. Toutefois, la progression reste insuffisante pour atteindre l’objectif d’accès universel fixé à l’horizon 2030. Selon les projections actuelles, près de 1,8 milliard de personnes demeureront exclues, la majorité étant concentrée en Afrique.

Au-delà de l’enjeu environnemental, l’absence de cuisson propre constitue un véritable handicap économique. La dépendance au bois et au charbon alimente la déforestation, accroît les dépenses de santé liées aux maladies respiratoires et réduit le temps consacré aux activités productives, notamment pour les femmes et les jeunes filles, souvent chargées de la collecte du combustible. Cette situation freine également le développement des filières énergétiques modernes et prive les économies africaines d’opportunités importantes en matière d’investissements, d’industrialisation et de création d’emplois.

La communauté internationale a pourtant intensifié ses engagements. Lors du Sommet africain sur la cuisson propre tenu à Paris en 2024, plus de 2 milliards de dollars de financements publics et privés ont été annoncés. Une partie de ces ressources a déjà été mobilisée, tandis que plusieurs gouvernements ont adopté de nouvelles stratégies nationales.

Mais l’ampleur du défi demeure considérable, notamment dans les zones rurales où vivent la majorité des populations concernées. Dans plusieurs pays africains, moins d’un ménage sur dix utilise aujourd’hui des combustibles propres pour cuisiner. Pour les experts, l’enjeu dépasse désormais les annonces financières : il s’agit de déployer des solutions accessibles, abordables et adaptées aux réalités des territoires les plus enclavés afin d’éviter que la précarité énergétique ne devienne l’un des principaux freins au développement du continent.

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